Compte rendu régate – Trophée Alain de Poix – 11 avril 2026

Si Victor « Totor » Hugo a écrit Les Quatre Vents de l’Esprit, c’est au Pecq ce samedi que soufflaient ces quatre diablotins. Pour notre régate du Trophée Alain de Poix, un vent d’Ouest substantiel était annoncé. Vent d’Ouest est synonyme d’une grande instabilité politique où les girouettes fomentent des révolutions permanentes. Nous n’avons pas été déçus. Voici comment, voici où, voici pourquoi.

Cette photo mise en tête est une sorte de divulgâchage. N’en écrivons pas plus pour l’instant. Chaque chose à sa place.

Tout le monde grée et se prépare au gré d’une matinée paisible avec un vent faible de Sud. Le comité composé de Russ et de sa fille Maya s’installe à la vigie. C’est Maya qui sera l’instrumentiste en chef pour les « Pouet, Pouet ! » qui vont rythmer la journée.

Russ maniera l’appareil photo pendant les courses, en mitraillant comme un possédé, comme votre serviteur le lui avait demandé. Ce qui donne un tas de 300 photos que nous vous épargnons ici ; elles sont disponibles en privé. 
C’est Nicolas qui va positionner 3 bouées aux points névralgiques et cardinaux de notre plan d’eau complexe.

J’ai commencé en évoquant Hugo. Alors, précisons que nous avions la visite d’un autre jeune Hugo, étudiant en photographie, qui venait pour tirer le portrait de notre illustre moniteur Xavier et préparer une série de photos sur le thème du métier de moniteur de voile. Il en a profité pour saisir quelques portraits de régatiers en plein effort de l’esprit et de l’écoute. Ici Felix est en train de regarder les réglages de David et d’essayer d’en tirer des conclusions.

La fine fleur de la marquèterie du club est de sortie. C’est habituel pour Emmanuelle, mais il faut saluer aujourd’hui la première sortie de l’année du Sagre de Serge, capitaine de la flotte des Corsaire du club, qui barre, selon les connaisseurs, l’un des plus beaux bateaux du club.

Le bouchain vif et l’œil aux aguets, il est secondé par François-Marie, le propre neveu d’Alain de Poix dont nous courons le Trophée aujourd’hui. François-Marie est de retour de sa transatlantique. Il va plus virer de bord aujourd’hui que durant tous les mois de son périple ; notre Seine étant un peu moins large que l’Atlantique.
En matière de ballet nautique, cette sortie du Sagre du printemps est un événement qui aurait impressionné Igor Stravinsky.

À propos d’expérience et de marine mémorable, remarquons aussi l’équipage de la Caravelle de Hubert, barrée par Sylvie la moitié du temps. Une Caravelle arborant des voiles immaculées que le bon Christophe Colomb aurait bien aimé ferler sur ses vergues. Sous la risée vigoureuse, nous avons failli voir la Caravelle planer. En tout cas, son safran a bien frétillé et sont équipage s’est régalé.

Deux courses le matin, avec un vent léger assez tournoyant, passant du Sud à l’Ouest.

Les Europe s’imposent, collés par David en Laser.

Ty Champ n’est jamais bien loin. Et son compère Poussah non plus. Cédric coure le matin, seul à bord, en menant avec brio son Solowskaia attitré.

Alice ne s’incline que pour la première course. Et maintenant qu’elle a compris le régime des courants de la rive Ouest, on ne l’y reprendra plus à trainer dans ces eaux maudites dans les moments pétoliers.

Pour les courses de l’après-midi, le vent monte et il y a parfois de sérieuses risées. Ça tournicote fermement. Russ et Maya donnent les départs avec une précision suisse, ce qui semble un peu original pour nos britanniques préférés. Nicolas doit ferrailler avec les péniches qui ne respectent rien ; et je pense particulièrement à la bouée Nord-ouest qui se retrouve emboutée par une indélicate péniche. Les voiliers attendent en bon ordre de pouvoir y virer. Ce n’est pas rien d’être régatier de Seine !

Le vent monte. Non pas Quatre Vents de l’Esprit mais quatre vents dans les haubans. Nous autres ne confondons pas esprits et espars. Laissons le bon Victor nous décrire ce qui se passe dans notre régate :
L’arbre se tord sur la côte ;
Le flot s’acharne au récif ;
Une clameur triste et haute
Avertit l’homme pensif ;
L’écume roule, avalanche ;
La lame féroce et blanche
Luit comme l’yatagan ;
La terre sanglote et souffre,
Livrée aux baisers du gouffre,
Au viol de l’ouragan.
C’est fort mais mais notre grand poète exagère un peu, ce me semble. C’était une bonne régate vigoureuse, mais il en fait un peu trop, notre coquin du Panthéon.

Lors de la cinquième course, le vent est monté au point que l’embarcation européenne de votre serviteur dessale et que tous les photographes de la contrée n’en ratent pas une goutte. Un vent instable avec des pointes à 15 ou 20 nœuds, c’est assez fatiguant. Nous terminons donc la régate par cette dernière course.

David, Antoine et mézigue restent pour profiter des bonnes risées. Cela donne quelques bords sympathiques.

Lors du retour, et je relate par ouï-dire car je n’ai rien vu, notre ami Antoine se lance dans un dessalage avec vol plané du barreur. Il paraît que la scène en Seine valait le détour.

Le président et le comité de course Russ & Maya rentrent les temps, ce qui est toujours un beau petit travail, et les résultats sont annoncés par le président Jérôme.

Résultats des dériveurs

Photo du podium des dériveurs (version in corpore sano)

Photo du podium des dériveurs (version in situ et in sequana véritas), dans le bon ordre de gauche à droite, qui plus est.

Résultats des habitables

Pour les habitables, le Trophée Alain de Poix est remis à Éric par François-Marie, le neveu d’Alain de Poix.

Ce n’est pas la première fois qu’Éric va l’héberger (le trophée, pas le neveu), mais c’est la première fois pour son Ty Champ en bois flambant neuf. Non, il ne faut pas dire flambant pour un meuble en bois ; c’est une mauvaise idée. Meuble ? Oui, il est particulièrement mobile, ce Ty Champ.

Il nous reste à remercier chaleureusement le comité Russ & Maya, et Nicolas à la sécurité, qui ont accepté de passer la journée à s’occuper de cette régate plutôt qu’à venir concourir avec nous. Geste nécessaire, certes, mais dont nous leur sommes très reconnaissants.
 
Un petit cidre conclut cette journée.

Au courbaturomètre le lendemain, cette régate est classée dans la catégorie supérieure. Il faut croire que les incessants virements de bord sur notre bien étroit fleuve et la tension permanente qu’impose un vent tournoyant ne ménagent pas les muscles. Nous voyons sur ce tracé d’un concurrent qui m’est proche, que le parcours du bateau manque un peu de cohérence.
 
Donnons-nous rendez-vous à la prochaine, le 1er mai, fête du travail, surtout pour les Travailleurs de la Mer, pour finir sur « Totor ».

Lutetia Cup de l’ASM à Moisson Lavacourt – 4 au 6 avril 2026

24 micros lors de cette Lutétia cup du 4/5 et 6 Avril 2026 prêts à en découdre.

De notre envoyé spécial Philippe Jeanjean, à l’écoute, au stylo, mais pas à la baille cette fois-ci.

Notre club était représenté par 2 bateaux (TY-Champ Cap Corse et Carrosse Maraudeur).

Cette régate comptant pour le championnat de France des Micros. Grade 4.

Ce beau plan d’eau de Moisson Lavacourt, bien connu du YCP, nous a offert avec générosité 

son étendue de 350 hectares, ce qui nous change évidemment de la faible largeur de notre Seine.

Cette matinée de samedi nous a permis de préparer et mâter tranquillement, l’envoi de l’aperçu n’étant qu’à 14 h.

Cette première manche, sous un soleil quelque peu cafardeux, nous a valu une petite brisette de sud de 7/8 nœuds, pas de quoi en faire une histoire.

La suite a été plutôt mouvementée avec un vent d’une quinzaine de nœuds et de belles rafales qui frisaient, au doigt mouillé, les 20 nœuds (à l’anémomètre, un Marseillais vous dirait 25 mini).

Vent limite pour le Maraudeur de Christophe et Philippe avec cet équipage qui pèse plus avec l’âge qu’avec leur propre poids.

Ty champ avec son équipage habituel (Eric et Gwénolé) s’en sort beaucoup mieux de ces sacrées rafales même si quelques coups de lof pas bien méchants sont au rendez-vous.

Deuxième jour, 4 manches étalées sur l’ensemble de la journée, vent légèrement moins fort que la journée précédente mais avec quelques belles rafales frisant les 30 nœuds quand même (toujours au doigt mouillé).

Ty champ nous a offert à cette occasion deux magnifiques départs au lof. Avec leur superbe spi bleu que nous avons quelques instants confondu avec l’eau du lac. Quelle osmose !         Le spectacle était au rendez-vous, d’autant que nous en avons pris plein les mirettes, notre maraudeur étant à une longueur derrière. Dommage de ne pas avoir de photo mais vous comprendrez bien que nous avions autre chose à faire n’étant pas vraiment dans une meilleure situation.

Bon, après tout ça, le reste de la journée s’est passé plutôt normalement mais il faut dire que notre équipage, le soir venu était quelque peu rincé, essoré, en gros, très las.

L’ensemble des équipages à apprécier le repas servi sans modération et préparer par nombre de bénévoles de l’ASM que nous tenons ici, à remercier chaleureusement.

Troisième et dernière matinée : Arrivée vers 9 heures sur le plan d’eau. Miroir d’eau devrais-je dire avec quelques fumerolles çà et là au ras des ondes (mais non, pas RTL ni France info). Magique pour un photographe ou le pinceau d’un impressionniste mais déception pour ces nombreux voileux qui voulaient de nouveau en découdre.

A 11 heures précises, le couperet est tombé : Boum ! (Aïe ça fait mal). Madame la Présidente du Comité de course a décidé que c’en était terminé pour la journée (pleurs de tous les équipages sans exception).

Casse-croûte prématuré, sortie d’eau, démâtage, la routine habituelle.

Et les résultats me direz-vous ? qu’à cela ne tienne :

Ty champs avec son glorieux équipage Eric, Gwénolé pour le premier jour, Fanny Urbain et Thibaut pour les 2 et 3ème jours qui s’en sortent avec une belle place de 11ème/24. Chapeau (de brousse) !

Le Maraudeur avec Le Chef Christophe et sous-chef Philippe, placé 16 ème/ 24 aurait franchement pu mieux faire si quelques problèmes de spi, de taquets et de je ne sais plus quoi d’autres … Ah si ! La prochaine fois, nous essaierons de prendre une vingtaine de kilos de plus chacun. Le chemin va être long, mais vous pouvez nous inviter à diner. Merci d’avance.

Il faut dire que nous nous nous sommes frottés avec quelques calibres, à bord de leur Neptune, Micro-proto, Flyer 550, qq corsaires, 1 Cap corse et 1 Maraudeur. 

Fin de ces trois jours (ou presque) sur l’eau, avec l’annonce des résultats et la remise des coupes.

Merci à Paule Marie Pouloin, Présidente du Comité de Course, Philippe Kersale, Juge, et Sandrine Gomme. Bien évidemment aux Sécus et à tous les bénévoles de l’ASM pour leur présence et leur efficacité et un grand merci à l’AS Mantaise Voile d’avoir organisé cette belle régate. D’autant que l’ASM avait bien fait les choses en nous inondant d’un magnifique soleil quasi d’été. Merci à vous tous.

Philippe Jeanjean

Interligue Europe à La Flèche – 28 et 29 mars 2026

Toute la flotte des Europe du YCP était en régate en ce week-end de fin mars au CVF de la Flèche sur le Lac de la Monnerie pour une interligue de la série.

C’était la 2ème année pour Emmanuelle et mézigue, et une habitude plus ancienne pour Alice. Le temps annoncé était inquiétant : le petit retour de l’hiver de ces jours-ci mais surtout une prévision de 15 nœuds samedi avec des pointes à 30 nœuds !

Emmanuelle et votre serviteur arrivent le samedi à 11h au CV Fléchois, dans une ambiance chaleureuse de camaraderie de la série, l’instigateur local Fabrice étant europiste ainsi que son fils Titouan, mais aussi en compagnie des régatiers de l’intersérie double. Il y a en effet une régate interligue d’Europe et une régate intersérie de Fireball, 470, Jet et Ponant. Alice, notre capitaine de flotte des Europe du YCP, nous prévient qu’elle ne pourra finalement nous rejoindre que dimanche.

Un petit vent léger, un soleil rarement voilé. Tout ceci cache la vraie nature du samedi promis.

Nous déremorquons-mâtons-gréons en moins de 2 heures et sommes prêts à nous mettre à l’eau. Le vent est monté, des nuages passent souvent et donnent de bonnes rafales.

Nous sommes 22 Europe inscrits, mais une partie décide prudemment de ne pas se lancer. Selon les règles habituelles, chacun décide selon son propre jugement s’il prend la mer. 

Le parcours est un peu compliqué, et l’on en verra les incidences.

Le premier départ est pour les Europe, ce que votre serviteur n’avait pas tout à fait saisi dans la pavillonnerie ! Les habitués du peloton de tête sont fidèles à leur avant-poste. Du côté des arrières, on connaît aussi ses concurrents attitrés et chacun marque ses adversaires minutieusement. Mais enfin, pour les moins aguerris, c’est un peu la lutte à la survie dans les rafales. Votre serviteur étrenne pour la première fois en régate sa poulie tourelle ; à la faveur d’un virement après la 3ème bouée, j’ai l’honneur d’être l’un des premiers à dessaler.

Par un mauvais mouvement dans le virement, j’ai dû remettre l’écoute dans le taquet coinceur, et ça ne pardonne pas. Petite baignade de printemps à l’ombre des nuages. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le bateau redressé avec peine dessale à contre avant que je ne comprenne que l’écoute est coincée bordée au taquet. Je redresse et remonte avec la grâce d’un jeune baleineau. Ma girouette de tête de mât est tordue à l’horizontale. Pas grave car je n’en aurai absolument pas besoin ce samedi pour savoir d’où vient le vent. Cette première course se termine avec déjà quelques dessalages parmi les concurrents. La 2ème course se déroule sous quelques éclaircies mais toujours avec un bon vent. Les étourdis en tête de course ont oublié les subtilités du parcours et négligent de faire une épingle ; celle-ci sera piquante pour eux. L’équipe des suiveurs est plus attentive et fait le bon parcours. La 3ème course est un peu l’apothéose de cette journée. Un beau paquet de sombres nuages était déjà à l’approche et tout le monde l’avait bien vu. Un joli petit grain, avec probablement des rafales à 30 nœuds, s’abat sur la flotte.

Et là, il faut le dire, les spectateurs restés sur le bord ont vu de nombreux bateaux qui évoluaient avec le mât à la verticale, mais pointant au nadir plutôt qu’au zénith (cherchez dans le dictionnaire, ceux qui n’ont pas compris). Dessaler en Europe, c’est un petit drame en principe vite réglé, mais c’est une tout autre affaire pour un Fireball, un 470 ou un Ponant. Nous avons vu des Fireball restés de très longues minutes les pattes en l’air. Il y a sans doute plus d’un tiers de la flotte qui a dessalé. Témoignage personnel de cette après-midi : j’étais inquiet de la suite lors de mon dessalage à la première course. Cela m’a servi de leçon et j’ai été assez attentif pour la suite (le hale-bas complètement relâché !). Je m’en suis bien tiré avec un seul dessalage.

Après le retour et le bouchonnage des bateaux, l’apéro, toujours très chaleureux au CVF, était bienvenu. Belle ambiance. Le dîner était ensuite une réussite avec un très bon menu et des conversations amicales où les éprouvés de l’après-midi étaient encouragés par les habitués qui en ont vu d’autres. Conseils, échanges d’expériences, rigolades, détente. Et cap sur un repos bien mérité pour une nuit écourtée puisque c’est le changement d’heure, dans le sens maudit.

Le dimanche, la première course est à partir de 10h. Il fait assez frais. Heureusement un beau soleil est dominant.

Emmanuelle est sur l’eau. Son « Rolland » est bien entouré d’autres splendeurs de la marquèterie que sont les « Rolland » et les « Cristalli ». Christian Hervet est présent avec son « Cristalli ». Il est ancien champion du monde, et n’a pas remis les pieds sous les sangles depuis 2006, mais… il se défend bien. Alice nous a rejoints, au prix d’un départ de chez elle à 5h du matin !

3 courses sont données, les accalmies succédant à quelques belles risées n’ayant rien à voir avec celles de la veille. Les concurrents se retrouvent, chacun avec ses adversaires habituels. Lors de la 2ème course, un paquet d’Europe se retrouve à la bouée qui s’avérera la dernière d’un parcours raccourci ; certains habitants dans une périmètre raisonnable ont dû entendre ce qu’il s’est dit autour de cette bouée, que nous ne répéterons pas. Le comité a bien du mal à pointer les arrivées de cette floppée d’énervés entremêlés. Il faudra même interroger tout le monde ensuite pour bien vérifier l’ordre. Votre serviteur a été fair-play et courtois aux abords de cette bouée, ignorant que l’arrivée se jouait quelques mètres plus loin. Sinon il aurait peut-être ; quoique.

Vers 13h30, le vent a tourné. Des changements de parcours sont tentés par un comité toujours attentif, et puis vers 14h30, la fin des courses est décidée.

Certains s’attardent un peu sur le plan d’eau pour en profiter encore un peu.

La ruche bourdonne sur le parking et dans l’enceinte du club. Certains partent tôt, d’autres restent et remballent tranquillement leur marchandise.

La proclamation des résultats est un bon moment convivial. Hommage bien amical à Philippe, dont c’était la dernière régate en tant que président du comité, et remise des résultats. Chacun reçoit un petit pot de rillettes ; à mettre dans une trappe de l’Europe pour le casse-croûte lors de la prochaine régate. Les champions sont acclamés, les autres aussi d’ailleurs.

Emmanuelle n’a pas réussi à rattraper son absence aux courses du samedi. Alice a mis son grand talent en marche ce dimanche et arrive à être assez bien classée pour une absente du samedi. Votre serviteur s’en tire assez bien cette fois-ci.

Merci à l’équipe de La Flèche qui organise chaque année cette belle régate avec dévouement et compétence. Rendez-vous sans faute l’année prochaine.

Bilan chiffré par le navigateur à sa table à cartes : 12 milles parcourus le samedi à 3 nœuds de moyenne, avec une vitesse max de 9,7 nœuds. Et 13 milles parcourus dimanche à 2 nœuds de moyenne, avec une vitesse max de 8 nœuds. Et si j’en crois la tête de ma girouette, la profondeur du lac est de l’ordre de 5m au milieu.

Coupe IdF à la mer à Deauville – 19 au 22 mars 2026

De notre envoyé spécial Éric, en léger différé de Deauville, où se courait la Coupe de l’Île de France à la mer, du 19 au 22 mars.

Réveil aux aurores — oui, même le soleil nous a regardés en mode “vous êtes sûrs ?” — direction Deauville où nous attend notre fier destrier :  un J80, petit bateau, gros ego.
 
On peaufine les préparatifs pendant que notre président part au briefing, probablement pour apprendre des mots compliqués qu’on n’utilisera jamais. Départ vers 9h. Petit détail sympa : les bateaux n’ont pas de moteur. Du coup, on se fait remorquer comme des VIP… ou des colis fragiles, selon le point de vue. Temps magnifique, vent quasi inexistant — parfait pour découvrir le bateau.


Première manche : surmotivés, survoltés, sur… en avance. Résultat : départ un peu trop anticipé → disqualification. Oui, on a gagné… le prix de la précipitation. MAIS (oui, on s’accroche), départ jugé “plutôt bon” — tellement bon qu’on arrive 4-ème à la première marque. Là, on sort le spi asymétrique… enfin, on essaie. Disons que le spi, lui, n’était pas au courant du plan. Résultat : toute la flotte nous double avec élégance pendant qu’on invente une nouvelle discipline : la voile contemporaine improvisée.
 


Deuxième manche : mêmes conditions, mais cette fois on change de barreur — parce que pourquoi pas redistribuer les responsabilités. Bon départ, manœuvres beaucoup plus propres (le spi commence à coopérer, miracle), et résultat : 12-ème. Oui, on remonte ! Lentement, mais sûrement… enfin surtout lentement.
 
Au final, une super ambiance, beaucoup de rires, quelques leçons… et un spi qu’on surveillera de près la prochaine fois.


 
2-ème jour
 
Le soleil est toujours de la partie, la brise fait la grâce matinée.
Trois manches disputées.


 
3-ème manche
Bon départ, bon choix pour le bord de près.
Moins bon choix pour le bord de spi, mais ça commence à rentrer. Classement : 15-ème.

4-ème manche 
Bon départ, choix discutable du bord de près à suivre, manœuvres du spi correctes pour finir 10ème.
 


5-ème manche
Départ moyen et sans vitesse, bonne gestion du spi, sauf l’affalage qui nous fait perdre 1 place. Classement : 15ème.
 
Encore une très belle journée 
 
3-ème et malheureusement dernière journée 
 
Du brouillard pour arriver sur Deauville, mais finalement le soleil nous attend au port.
On peaufine encore les réglages et départ en file indienne pour sortir du port.
On part pour trois manches.
 
Pour rejoindre la zone de course on en profite pour vérifier que notre spi est bien gréé, ça s’annonce bien et subitement le point de drisse lâche et spi à l’eau (remonté à bord vite fait par l’équipage). Constat : la drisse est dans le mât, donc trois manches sans spi.
Niveau difficulté : « hard mode » activé.


6-ème manche
Bon départ, bon bord de près, 4 rappels individuels annoncés pas assez tardivement à notre goût. On aborde la descente sous spi sans spi, mais finalement on trace une bonne route en maintenant notre position.
Toujours une bonne remontée au près sur le second tour, descente sans spi bien maîtrisée. Classement : 10ème. 
 


7-ème manche
Procédure de départ sous pavillon U (si au-dessus de la ligne, disqualifié).
On change de barreur, bon départ bon bord de près, sous spi, avec notre handicap, on voit les bateaux s’éloigner doucement mais sûrement. 
Arrivé à la porte sous le vent, une discussion tactique s’engage et on décide de prendre la bouée tribord, bonne décision, on revient pleine balle sur la ligne d’arrivée, malgré des intimidations de « tribord » on passe proprement la ligne (commentaire du jury, on est vraiment passé près du bateau jury) et cette manœuvre inspirée nous fait gagner 6 places.


Là, c’est clairement du génie. Ou du hasard bien exécuté. Classement : 10-ème.
 
8-ème et dernière manche

 
Le vent monte, il va y avoir du sport pour ceux qui ont le spi.

Mauvais départ, on se dégage et on fait marcher le bateau, on fait notre chemin dans le « dog leg » et on aborde le bord de spi, on est spectateur de belles accélérations et sur le dernier bord on manœuvre moyennement, mais on arrive à garder un bateau derrière nous.
Finalement avec les disqualifications on termine 11-ème.
 
Finalement sans spi cela a été notre plus belle journée, qu’aurait-elle été avec le spi, on ne le saura jamais………


 
Comme quoi, moins on a de matériel, mieux on s’en sort.
Prochaine régate : on enlève la grand-voile ?
 
Au final malgré cette très belle journée on termine 16-ème, mais quelle belle découverte du J80 et très belle régate, bien organisée et jury très compétent.
 
Et un spi qui, lui, a clairement passé un meilleur week-end que nous.
 
Éric Joye
Représentant l’équipage composé aussi de Susan, Jérôme, Philippe et Gwénolé.

compte rendu régate Classique Alpicoise – 15 novembre 2025

C’est le petit qui est arrivé en dernier à chaque course dans la classe dériveurs qui va vous relater cette sombre journée humide qui restera inoubliable.

La météo nous avait promis une température clémente, pas de vent et de la pluie. Pour une fois, elle avait raison. Il est possible que ces prévisions aient fait fuir les hordes de concurrents. Ceux qui restaient eurent le plaisir, d’une part de contribuer au TELETHON comme prévu, et d’autre part de vivre une journée alpicoise plus spéciale que classique. Rappel pour ceux qui ne le sauraient pas, même s’ils l’ignorent, Alpicois = habitant du Pecq.

Que les préparatifs hâtifs de l’école de voile ne fassent pas illusion : il y a eu moins que peu de de dériveurs régatiers. Emmanuelle était claudiquante et Antoine sans doute retenu à la sortie d’une écluse. Noureddine, notre éminent chef du comité de course, le micro à la main, s’apprête non pas à chanter du Franck Sinatra, mais à canaliser (canal 72) l’ardeur des 5 équipages engagés. Photo prise par sa fille Meryam, qui était ce matin notre kinésithérapeute exclusive.

Sur chaque habitable, les 2 équipiers sont fin prêts et ne se regardent pas en chiens de faïence. Il va falloir rester stoïques dans le pot-au-noir. Certains ont à bord des sonars, des détecteurs de risées, des attrape-carpes, des compte-à-rebours et des lochs fonctionnant en marche arrière. Sera-ce utile ?

Le départ est donné. Le couple présidentiel étant resté amarré au quai le plus tard possible, il n’a pas reculé comme les autres concurrents. Une fois de plus c’est Carosse qui va le plus vite, mais en marche arrière pour l’occasion. Nous sommes tous bord à bord, les voiles légèrement gonflées, le moral de plus en plus dégonflé. Nous voyons au loin devant Poussah qui semble avoir franchi la ligne de départ, mais ce n’est qu’un mirage ondoyant dans les brumes de novembre. Lorsque l’un de nous finit par toucher la marque de parcours du « thermomètre » (pylône gradué qui bouge rarement de son emplacement) ; toucher avec son safran, il est temps d’appeler au secours pour empêcher que toute cette armada ne termine au Havre avant la nuit. Nous partîmes à reculons en bateaux à voile vers le Nord, et c’est en petit train à toute vapeur qu’à la file indienne derrière le canot’ de sécurité nous remontâmes vers le quai du club au Sud. Les contrastes consternants de la vie maritime.

La pause déjeuner a, pour une fois, été avancée, au point qu’elle a eu lieu à l’horaire annoncé au programme. Du jamais vu. C’était dans l’espoir qu’Éole se réveillerait de sa grasse matinée et nous réserverait de bonnes surprises après le café. En début d’après-midi, certains avaient déjà dégréé, votre narrateur en faisait partie, car il était manifeste que le vent soufflait certainement aux antipodes du Pecq mais n’avait rien laissé sur place. Cependant, notre trésorier plein d’espoir regagnait Ty Champ plein d’espars, et le président, avec une énergie et une détermination que certaines mauvaises langues, votre narrateur en faisant partie, attribuèrent à un supposé excès de boisson, avec la folle détermination de celui qui a vu une petite risée et prédit de fortes bourrasques à venir, regagnait son Poussah. Nous voyons supra notre comité de course Noureddine lancer le départ de 3 Cap Corse d’illuminés : Poussah (Jérôme et Iwona), Ty Champ (Éric et Gwenolé) et Solowskaia (Cédric et Marcelo). Marcelo le rouge, célèbre corsaire à la jambe de bois de la baie de Botafogo, qui reprend la navigation après une sévère blessure de combat (tout est vrai dans cette phrase à peine exagérée).

Avec une vitesse folle, les 3 Cap Corse arrivent même à franchir la ligne de départ et à progresser, en avant, faut-il le préciser, vers la bouée au vent. Votre pessimiste narrateur, observant du haut de la vigie ses copains progressant de façon inespérée, se laisse convaincre d’aller regréer son bateau et de les rejoindre. Noureddine, que l’optimisme des illuminés a conquis, pronostique même qu’ils peuvent être rattrapés par un concurrent prenant le départ un quart d’heure après eux. Christophe et Philippe n’entendent pas ce chant des sirènes et désarment soigneusement, s’en tenant imperturbablement aux faits.

La flotte de dériveur se met alors à l’eau et obéit aux prédictions de Noureddine pour arriver assez bien à rattraper les 3 Cap Corse qui peinent à atteindre cette damnée bouée au vent, terriblement mal placée. On a dit beaucoup de choses sur les courants compliqués du Cap Horn ; peut-être a-t-on un peu trop minimisé les phénomènes complexes qui ont cours dans les eaux des Pyramides de Marly, où l’on nous envoie sans précaution aucune. Ty Champ fut le grand sacrifié de cette course, dont on verra par la suite qu’elle fut déterminante. Parti comme une fusée, à 1 ou 2 nœuds en pointe, Ty Champ était le premier aux abords de la bouée, mais il a dû laisser passer les copains, ceux qu’il aurait certainement assassinés de bon cœur en cette occasion, Poussah virant le premier et envoyant même le spi, ce qui était assez gonflé ; le spi ne l’était pas. Puis Solowskaia et enfin la flotte de dériveur au complet ; flotte de dériveur qui regardait Solowskaia avec gourmandise et qu’elle dépassait ensuite au vent arrière en arborant le sourire fameux qui est l’apanage des grands psychopathes.

Tout cela était observé avec consternation par Noureddine et deux stagiaires venus en visite à la vigie. Rarement la vigie n’aura été autant fréquentée. Les deux stagiaires, bien jeunes d’esprit, arborant casquettes et vêtement bariolés, avaient antérieurement tagué la porte pour s’occuper et tâchaient de comprendre tous les dispositifs complexes que le comité de course manie avec maestria : jumelles à vision sous-marine, VHF Hi-Fi, PC renfermant les calculs XL ésotériques dont seul le président connaît les arcanes, micro pour insulter les capitaines de péniches, pavillons permettant de se faire comprendre quand on n’a rien à dire…

Croyant à l’impossible et ivres du succès de cette deuxième course de la journée, le comité et les équipages se lançaient dans une nouvelle procédure de départ. Ambiance survoltée, où Ty Champ comptait bien faire voir de quel bois classique alpicois il était fait pour prendre sa revanche. Cependant que la flotte de dériveur avait grand peine à atteindre la bouée au vent, les Cap Corse culaient inexorablement.

Au plus fort de la bataille, Les Cap Corse se retrouvaient à très peu de distance du pont. D’aucuns diront que la Terre est ronde (d’autres n’y croient plus) et qu’il est possible en allant vite au Sud de se retrouver au Nord, mais je crois que cette explication ne tient pas tellement la route pour rendre compte de ce qui s’est passé ce samedi. Les courants, le manque de vent sont des causes, hélas, plus probables.

La flotte de dériveur mettait 39 minutes à gagner la bouée au vent et à la virer, au prix de très nombreux virements réalisés dans un rayon de 10 mètres seulement de la scélérate, et mettait ensuite seulement 2 minutes, portée par le courant, pour regagner la ligne d’arrivée.

Ici, deux précisions s’imposent : d’une part le parcours avait été réduit à sa plus simple configuration ; la ligne, une bouée à virer et la ligne. Et c’était déjà beaucoup. Ensuite, certains auront remarqué l’expression « flotte de dériveur » avec une faute de grammaire ostentatoire. Le terme de flotte a surtout connu une belle acception ce jour-là, et c’est sur la tête des équipages que la flotte a été la plus présente en cette journée de météo irritante.

Braves compères qui ont enduré les intempéries pour assister les régatiers, David et Gilles avaient laissé leur bateau respectif à quai. Ils allaient et venaient, remorquant quand il le fallait, prodiguant des conseils merveilleux à la flotte de dériveur, encourageant les marins humides à garder le moral au sec. La voix de stentor de Gilles, les belles photos faites par David, tout cela a conduit à faire de ce fiasco un succès.

Merci à Noureddine et Meryam, grands responsables du comité de course, capables à 4 ou 2 mains de manier simultanément le chrono, le sifflet, les drisses à pavillons, la VHF, le cliquage sur PC, tout en regardant aux jumelles. Il faut un talent spécial.

Tandis que les gréements dégoulinants et les voiles trempées croupissaient dans leur misère, nos équipages, ou ce qu’il en restait en fin de journée se retrouvaient pour assécher un petit verre de ratafia bien mérité. Cédric, David, Gilles et mézigue sont hors du champ de cette photo.

🏆 Résultats Dériveurs

Pas de résultats officiels FFV car trop peu de concurrents, n’est-ce pas ? Le dernier du classement :

1️⃣ Guillaume Thibierge, sur Europe « Juanita Banana 5 », 1 course DNS, 2 courses terminées en tant que dernier mais aussi premier par la même occasion.

🏆 Résultats habitables

Il reste encore la Coupe de la Ligue à Créteil semaine prochaine pour les habitables, quelques semaines d’école de voile, peut-être des sorties pour dériveurs et habitables, mais cette régate était la dernière de l’année organisée par le YCP. À bientôt !