La fameuse Coupe du Président s’est déroulée dans le calme, le nombre et la discipline ce samedi 12 septembre, coupée en son milieu par le rituel déjeuner moules-frites qui fait tout le sel gastronomique de nos assemblées de marins d’eau douce.

Les horaires de régates étant fluctuants comme la marée, c’est l’École de Voile qui a commencé la matinée par un cours, le premier pour les nouveaux, administré par notre célèbre moniteur Xavier. Avec lui, on rentre vite dans le vif du sujet.

La promotion de la rentrée 2026 pourrait être baptisée « Les 3 Saints Matthieu(x) » car nous avons un Matthieu nouveau dans l’ÉdV qui a déjà montré une belle motivation pour s’inscrire, notre ami Matthieu « de la bande des jeunes » qui fait son entrée en tant que propriétaire du magnifique JET bleu Gabrielle, et enfin Matthieu qui nous rejoint aujourd’hui même avec un 420 bleu assez cosmopolite.

Parmi les habitués, nous avons aussi des changements de rôles et des premières. Le jeune Marco est équipier de son père Marcelo sur l’Albatros. Et avec Félix, c’est un nouveau-vieux 420 connu de tous, le très peu étanche Charivari dont les papiers officiels sont désormais Papier.

Ici, en pleine action, nous voyons Emma qui s’exerce au trapèze à contre, cela promet de la performance quand la technique sera au point.
D’autres feront leur apparition mais passons tout de suite sur l’eau en tâchant de vous faire croire que l’horaire officiel a été respecté.

Nicolas et Paul-Nicolas, nouveau compère venu dans le sillage de la bande des jeunes, vont mouiller les bouées dans des recoins secrets.

Admirons ici Mektoub, très élégant Cap Corse boisé de notre valeureux Jean-Luc, qui vient tremper son étrave et les pieds de son capitaine dans la Seine, ce qui n’était pas arrivé depuis un bout de temps. Jean-Luc avait répondu le premier, avec une belle motivation, à l’annonce de la fritaillerie moulière du déjeuner, pour être sûr d’avoir sa barquette dans ce que je n’oserais pas appeler sa barcasse, si vous me permettez cette prétérition.

Dans le rayon menuiserie, il faut aussi compter sur les frères Tape-Dur de Ty-Champ, habituels concurrents de Satanas dans des courses effrénées. Hic et nunc, ils vérifient que leur engin est fin prêt à en découdre avec Pénélope Jolie Cœur que je vous présenterai ensuite. Remarquez les numéros de matricules de nos 2 forçats de l’amer ; j’ai nommé Gwénolé et notre vice-président trésorier Éric, bagnards de ce que je n’oserais pas appeler une baignoire, si vous me permettez cette prétérition.

Iwona, première dame et secrétaire du club, est à elle seule le comité, la chronométreuse sans chronomètre, la hisseuse de pavillons absents, la lançeuse de départ, la consigneuse d’arrivées, la siffleuse de compte à rebours dans le sifflet qui a failli être absent aussi. Je ne me permettrais pas de dire qu’Iwona n’aurait pas pu faire carrière dans la gendarmerie, tellement elle a le coup de sifflet timide, si vous me permettez cette 3ème prétérition.

Le parcours brillamment imaginé par Nicolas, comporte une subtilité qu’il a eu la prudence de faire approuver par un comité d’insensés : une première bouée sera virée par les habitables, cependant que les dériveurs iront virer au thermomètre, le poteau gradué que tous les potos gradés du club contournent depuis des décennies. Cet étagement de virements étant destiné à éviter l’embouteillage et la foire d’empoigne à la première marque de parcours. On en verra le résultat bientôt.

Voici une photo prise l’après-midi où l’on voit toute la subtilité du dispositif. Les dériveurs tribord amure, prioritaires, insultent les habitables bâbord amure qui tentent de virer leur bouée. On se croise, on se toise, on se méprise dans une amicale compote d’étraves, de bômes tournoyantes. Curieusement, ce n’est pas là que les « contacts » ont pu avoir lieu.
Revenons aux revenants. Sylvie, enhardie par ses succès retrouvés à la barre de la Caravelle de Hubert, au printemps, a décidé de sortir son Edel 2 Fleur de Lotus de son morne stationnement, et seule à son bord, elle redonne à ce bateau historique le goût de régater sur sa Seine.

Continuons sur l’eau où nous voyons justement Sylvie s’apprêtant à trancher le lard lasériste de David qui se présente sous son vent. Il m’a semblé remarquer que Sylvie, seule à son bord, ne voulant pas risquer d’embrocher ses compagnons sur la ligne de départ, a pris ses distances sans chercher à faire des prouesses. La fleur de lotus étant le symbole de la quiétude et du pacifisme du côté du Pacifique.

Nous constatons une certaine progression de la Farfaflotte, la flotte de ceux que nous osons traiter de jeunes. Jadis dans les tréfonds du classement, naguère un peu plus avant mais tout de même derniers, ils sont désormais des concurrents redoutables qui frétillent autour du podium en montrant des dents aiguisées. Et la meute s’épaissit, notamment maintenant avec le JET Gabrielle barré par son capitaine Matthieu, aujourd’hui secondé par Sébastien.



Disons un mot de celui qui a survolé la journée : Christophe sur son récent destrier Thèse (Parent-Thèse pour ceux qui se poseraient la question). Christophe avait jadis le n°1 des Kouign-Amann, cette série très confidentielle de petits habitables. Il vient d’acquérir le n°2, revenant ainsi à ses amours de jeunesse. Et la démonstration qu’il fait aujourd’hui est impressionnante. Ce bateau est une véritable intelligence artificielle à lui tout seul. En témoigne la décontraction de son équipage du jour, avec Sandrine en équipière. Le bateau vire, volte et virevolte aussi sans remous ni écume inutile. Il n’y a guère que pour remonter sa dérive-quille que l’on a intérêt à avoir pris un solide petit-déjeuner.

Après 2 courses dont vous remarquerez que nous n’avons rien dit, mais toutes les courses ne se ressemblent-elles pas, nous allons passer à table car il est tard et l’on nous a promis des moules-frites.


Les représentants de l’EdV sont venus, anciens-jeunes ou jeunes-jeunes, pour soutenir les concurrents affamés. Il faudra attendre un peu que la friteuse passe la ligne d’arrivée, suivie de près par la marmite de moules. Du côté de la cambuse, pendant que l’élite du club se marre, le jeune Timothée, futur président du club, se concentre sur la réussite de son stage de moulinard-fritier car il sait que les clients sont exigeants.






Un franc succès avec une quarantaine de convives. La délégation représentée par Jean-Luc « Babar » vient remettre au président une cuillère destinée à pagayer lorsque le petit temps sévit et que le rendez-vous au bar du port exige de rentrer tôt. Le président hausse le sourcil : d’une part la pagaie est ridiculement petite, et d’autre part, partout où Poussah navigua, le vent le poussa sans mollir donc nul besoin de cuillère, pagaie ou soufflerie pour accélérer la manœuvre. L’incident diplomatique aura duré peu de temps car Sylvie apporte une jatte remplie de teurgoule, dont la petite cuillère viendra à bout au grand régal des participants.

Nous regagnons les rives et les grèves où nous attendent nos bateaux toutes voiles faseyantes. Les courses reprennent, dont nous allons vous donner à peine plus de détails que pour celles du matin.






Les départs au son du sifflet d’Iwona montrent un engagement et une stratégie que les moules et les frites n’ont point ramollis.

Remarquons ici les deux 420 germaniques. Celui de Félix d’abord, qui a récemment changé de main, comme on l’a écrit. L’équipière du matin Clara a passé le relai, sous forme d’une frite, à sa grande sœur Emma pour l’après-midi. Félix pour sa part écope avec détermination et résignation. Son bateau, bien connu dans le club, a une étanchéité perfectible.

L’autre 420 est celui de Matthieu (3ème du prénom dans le tiercé très serré des arrivées), nommé Breizh’L, subtil jeu de mot germano-breton que je vous laisse apprécier. Nous les voyons ici tâcher de faire la peau à Sylvie qui reste imperturbable.

Matthieu sur son bateau bleu n’est jamais bien loin de Matthieu sur son bateau bleu…

La tactique de la remontée au vent est parfois subtile. Il faut louvoyer en respectant certains angles d’allure par rapport à la direction du vent, qui a souvent l’idée au Pecq de mener les marins par les sentiers de la folie. Heureusement, le comité de course a tout prévu et a fait marquer dans le ciel les différentes trajectoires à suivre.

Nous les voyons ici sur cette la photo. Les petits malins, dont je crois faire humblement partie, lèvent la tête en permanence. Les crédules pensent que c’est pour regarder la girouette, mais ils ignorent le dicton : « quand le doigt du marin montre la girouette, le sage voit les trajectoires inscrites dans l’azur ».
Il y a une nouvelle propriétaire dont nous n’avons encore pas parlé. Elle ne s’appelle évidemment pas Matthieu. C’est Elena qui est ici à la barre de son nouveau Laser. Quand je dis nouveau, c’est un peu exagéré car ce vénérable Laser est le doyen du troupeau du YCP. Il a été le bateau de prestigieux membres du club : Élie, Emmanuelle, Aliénor. Désormais, c’est le beau bateau d’Elena. Un forban a bien essayé de lui abîmer son bateau en lui refusant un tribord et en l’abordant. C’est une faute difficilement pardonnable à l’encontre de cette jeune capitaine d’un paisible et vieux bateau.

Il y a un record à battre : l’ancien lasériste qui écrit ces lignes a gardé son Laser pendant 44 ans. Elena, tu dois garder ce bateau jusqu’à ta retraite, si tu veux faire mieux. Rappelle-nous quand tu comptes prendre ta retraite… En attendant, il faudra mettre des lattes dans cette voile qui flappouille. L’indice de flappouillage étant proportionnel au carré du taux de fasseyage, lui-même indexé sur l’inverse du niveau Beaufort ; à ne pas confondre avec le niveau de Beaufort dans la cambuse les soirs de raclette.

Nous évoquions le Laser, ce fier dériveur que David et Nicolas ne désespèrent pas de placer définitivement devant l’insolent jeune petit Europe barré par un vieux capitaine. Ces 3 concurrents forment la bande des inséparables Pieds Nickelés du YCP, souvent sur le podium. Croquignol et Ribouldingue voyant hélas souvent Filochard leur filocher entre les pattes. Lors de la dernière course, la cinquième de la journée et troisième de l’après-midi, ils ont réussi.
L’EdV revient du plan d’eau lointain où Xavier l’avait emmenée, afin de ne pas perturber la régate. Le petit train passe et rentre au bercail.

Mais le quai est déjà fort encombré par les nombreux habitables et dériveurs qui ont couru la régate. Les fameux embouteillages parisiens sévissent aussi sur la Seine ; Paris en bouteille, ce n’est pas une légende.

En attendant son tour, Nicolas régale son public captif de grandes filles qui crient des « Papa ! Papa ! » depuis le quai pour l’encourager. Il a décidé de terminer par une pirouette que voici :
Il est temps de régler nos comptes, de points de manches de régate, et non avec nos poings sortis des manches. Le président et la secrétaire s’affairent pour tâcher de rentrer dans les méandres informatiques de la FFV nos prouesses du jour. Ce n’est pas facile dans ce village Gaulois où la discipline des fiches d’inscriptions, des numéros de voile, des bateaux fantômes, des équipages échangistes réservent parfois des surprises.

La proclamation des résultats vient mettre un terme à l’impatience ambiante :
Dériveurs


Bravo aussi à Sébastien qui était équipier sur Gabrielle.
Habitables


Bravo aussi à Campbell qui était équipier sur Solowskaia, à Frédéric qui était équipier sur Mektoub, à Linda et Annaelle sur P’tit Loup, à Augustin sur Katilou, à Serge sur Gepeto.
Bravo à tous pour cette participation impressionnante. C’était les classements officiels mais voici un ordre qui compte aussi, celui du désordre de la photo :

Merci beaucoup à Iwona, le comité de course et la photographe, à Paul-Nicolas à la sécurité, à Timothée à la friteuse, à Nicolas au mouillage des bouées, et au président Jérôme dont cette régate est vraiment la fête puisqu’elle lui donne l’occasion d’y passer un temps fou en préparation et après. Merci à Éric, très impliqué, et à Emmanuelle qui est la grande organisatrice des régates. Merci à tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre, aux élèves de l’EdV, aux nouveaux adhérents, aux nouveaux propriétaires, à leurs familles, aux amis, et au préfet maritime qui lit certainement ce compte rendu.
La feuille de course d’Iwona. Ce n’est pas du gâteau ! Mais si on pouvait être deux à la vigie ce serait très facile. À bon entendeur, les prochains bénévoles seront accueillis avec grand plaisir. On voit aussi un peu de rouge sur la feuille ; je n’oserais certainement pas dire que certains ont été un peu coquins avec les règles de course, si vous me permettez cette prétérition.


Rendez-vous tous les samedis pour l’EdV et le 10 octobre pour la prochaine régate, la Régate d’Automne.
Écrit sous l’emprise de moules-frites, substances autorisées avec modération, par
Guillaume Thibierge, Europe Juanita Banana 5, FRA 26