Compte rendu régate – Coupe du Président – 12 sept 2026

La fameuse Coupe du Président s’est déroulée dans le calme, le nombre et la discipline ce samedi 12 septembre, coupée en son milieu par le rituel déjeuner moules-frites qui fait tout le sel gastronomique de nos assemblées de marins d’eau douce.

Les horaires de régates étant fluctuants comme la marée, c’est l’École de Voile qui a commencé la matinée par un cours, le premier pour les nouveaux, administré par notre célèbre moniteur Xavier. Avec lui, on rentre vite dans le vif du sujet.

La promotion de la rentrée 2026 pourrait être baptisée « Les 3 Saints Matthieu(x) » car nous avons un Matthieu nouveau dans l’ÉdV qui a déjà montré une belle motivation pour s’inscrire, notre ami Matthieu « de la bande des jeunes » qui fait son entrée en tant que propriétaire du magnifique JET bleu Gabrielle, et enfin Matthieu qui nous rejoint aujourd’hui même avec un 420 bleu assez cosmopolite.

un tiers des Matthieu(x), Felix, Clara, Marco et Marcelo

Parmi les habitués, nous avons aussi des changements de rôles et des premières. Le jeune Marco est équipier de son père Marcelo sur l’Albatros. Et avec Félix, c’est un nouveau-vieux 420 connu de tous, le très peu étanche Charivari dont les papiers officiels sont désormais Papier.

Ici, en pleine action, nous voyons Emma qui s’exerce au trapèze à contre, cela promet de la performance quand la technique sera au point.

D’autres feront leur apparition mais passons tout de suite sur l’eau en tâchant de vous faire croire que l’horaire officiel a été respecté.

Nicolas et Paul-Nicolas, nouveau compère venu dans le sillage de la bande des jeunes, vont mouiller les bouées dans des recoins secrets.

Admirons ici Mektoub, très élégant Cap Corse boisé de notre valeureux Jean-Luc, qui vient tremper son étrave et les pieds de son capitaine dans la Seine, ce qui n’était pas arrivé depuis un bout de temps. Jean-Luc avait répondu le premier, avec une belle motivation, à l’annonce de la fritaillerie moulière du déjeuner, pour être sûr d’avoir sa barquette dans ce que je n’oserais pas appeler sa barcasse, si vous me permettez cette prétérition.

Dans le rayon menuiserie, il faut aussi compter sur les frères Tape-Dur de Ty-Champ, habituels concurrents de Satanas dans des courses effrénées. Hic et nunc, ils vérifient que leur engin est fin prêt à en découdre avec Pénélope Jolie Cœur que je vous présenterai ensuite. Remarquez les numéros de matricules de nos 2 forçats de l’amer ; j’ai nommé Gwénolé et notre vice-président trésorier Éric, bagnards de ce que je n’oserais pas appeler une baignoire, si vous me permettez cette prétérition.

Iwona, première dame et secrétaire du club, est à elle seule le comité, la chronométreuse sans chronomètre, la hisseuse de pavillons absents, la lançeuse de départ, la consigneuse d’arrivées, la siffleuse de compte à rebours dans le sifflet qui a failli être absent aussi. Je ne me permettrais pas de dire qu’Iwona n’aurait pas pu faire carrière dans la gendarmerie, tellement elle a le coup de sifflet timide, si vous me permettez cette 3ème prétérition.

Le parcours brillamment imaginé par Nicolas, comporte une subtilité qu’il a eu la prudence de faire approuver par un comité d’insensés : une première bouée sera virée par les habitables, cependant que les dériveurs iront virer au thermomètre, le poteau gradué que tous les potos gradés du club contournent depuis des décennies. Cet étagement de virements étant destiné à éviter l’embouteillage et la foire d’empoigne à la première marque de parcours. On en verra le résultat bientôt.

Voici une photo prise l’après-midi où l’on voit toute la subtilité du dispositif. Les dériveurs tribord amure, prioritaires, insultent les habitables bâbord amure qui tentent de virer leur bouée. On se croise, on se toise, on se méprise dans une amicale compote d’étraves, de bômes tournoyantes. Curieusement, ce n’est pas là que les « contacts » ont pu avoir lieu.

Revenons aux revenants. Sylvie, enhardie par ses succès retrouvés à la barre de la Caravelle de Hubert, au printemps, a décidé de sortir son Edel 2 Fleur de Lotus de son morne stationnement, et seule à son bord, elle redonne à ce bateau historique le goût de régater sur sa Seine.

Continuons sur l’eau où nous voyons justement Sylvie s’apprêtant à trancher le lard lasériste de David qui se présente sous son vent. Il m’a semblé remarquer que Sylvie, seule à son bord, ne voulant pas risquer d’embrocher ses compagnons sur la ligne de départ, a pris ses distances sans chercher à faire des prouesses. La fleur de lotus étant le symbole de la quiétude et du pacifisme du côté du Pacifique.

Nous constatons une certaine progression de la Farfaflotte, la flotte de ceux que nous osons traiter de jeunes. Jadis dans les tréfonds du classement, naguère un peu plus avant mais tout de même derniers, ils sont désormais des concurrents redoutables qui frétillent autour du podium en montrant des dents aiguisées. Et la meute s’épaissit, notamment maintenant avec le JET Gabrielle barré par son capitaine Matthieu, aujourd’hui secondé par Sébastien.

Mektoub et Katilou foncent à 15 nœuds, grosso-modo
P’tit Loup va doubler Gepeto en profitant de la priorité sous-le-vent, ouvrant la voie au copain Adrien
Matthieu et Sébastien prennent la tête de la photo sous les yeux médusés du comité Iwona

Disons un mot de celui qui a survolé la journée : Christophe sur son récent destrier Thèse (Parent-Thèse pour ceux qui se poseraient la question). Christophe avait jadis le n°1 des Kouign-Amann, cette série très confidentielle de petits habitables. Il vient d’acquérir le n°2, revenant ainsi à ses amours de jeunesse. Et la démonstration qu’il fait aujourd’hui est impressionnante. Ce bateau est une véritable intelligence artificielle à lui tout seul. En témoigne la décontraction de son équipage du jour, avec Sandrine en équipière. Le bateau vire, volte et virevolte aussi sans remous ni écume inutile. Il n’y a guère que pour remonter sa dérive-quille que l’on a intérêt à avoir pris un solide petit-déjeuner.

Après 2 courses dont vous remarquerez que nous n’avons rien dit, mais toutes les courses ne se ressemblent-elles pas, nous allons passer à table car il est tard et l’on nous a promis des moules-frites.

Les représentants de l’EdV sont venus, anciens-jeunes ou jeunes-jeunes, pour soutenir les concurrents affamés. Il faudra attendre un peu que la friteuse passe la ligne d’arrivée, suivie de près par la marmite de moules. Du côté de la cambuse, pendant que l’élite du club se marre, le jeune Timothée, futur président du club, se concentre sur la réussite de son stage de moulinard-fritier car il sait que les clients sont exigeants.

Un franc succès avec une quarantaine de convives. La délégation représentée par Jean-Luc « Babar » vient remettre au président une cuillère destinée à pagayer lorsque le petit temps sévit et que le rendez-vous au bar du port exige de rentrer tôt. Le président hausse le sourcil : d’une part la pagaie est ridiculement petite, et d’autre part, partout où Poussah navigua, le vent le poussa sans mollir donc nul besoin de cuillère, pagaie ou soufflerie pour accélérer la manœuvre. L’incident diplomatique aura duré peu de temps car Sylvie apporte une jatte remplie de teurgoule, dont la petite cuillère viendra à bout au grand régal des participants.

Nous regagnons les rives et les grèves où nous attendent nos bateaux toutes voiles faseyantes. Les courses reprennent, dont nous allons vous donner à peine plus de détails que pour celles du matin.

Les départs au son du sifflet d’Iwona montrent un engagement et une stratégie que les moules et les frites n’ont point ramollis.

Remarquons ici les deux 420 germaniques. Celui de Félix d’abord, qui a récemment changé de main, comme on l’a écrit. L’équipière du matin Clara a passé le relai, sous forme d’une frite, à sa grande sœur Emma pour l’après-midi. Félix pour sa part écope avec détermination et résignation. Son bateau, bien connu dans le club, a une étanchéité perfectible.

L’autre 420 est celui de Matthieu (3ème du prénom dans le tiercé très serré des arrivées), nommé Breizh’L, subtil jeu de mot germano-breton que je vous laisse apprécier. Nous les voyons ici tâcher de faire la peau à Sylvie qui reste imperturbable.

Matthieu sur son bateau bleu n’est jamais bien loin de Matthieu sur son bateau bleu…

La tactique de la remontée au vent est parfois subtile. Il faut louvoyer en respectant certains angles d’allure par rapport à la direction du vent, qui a souvent l’idée au Pecq de mener les marins par les sentiers de la folie. Heureusement, le comité de course a tout prévu et a fait marquer dans le ciel les différentes trajectoires à suivre.

Nous les voyons ici sur cette la photo. Les petits malins, dont je crois faire humblement partie, lèvent la tête en permanence. Les crédules pensent que c’est pour regarder la girouette, mais ils ignorent le dicton : « quand le doigt du marin montre la girouette, le sage voit les trajectoires inscrites dans l’azur ».

Il y a une nouvelle propriétaire dont nous n’avons encore pas parlé. Elle ne s’appelle évidemment pas Matthieu. C’est Elena qui est ici à la barre de son nouveau Laser. Quand je dis nouveau, c’est un peu exagéré car ce vénérable Laser est le doyen du troupeau du YCP. Il a été le bateau de prestigieux membres du club : Élie, Emmanuelle, Aliénor. Désormais, c’est le beau bateau d’Elena. Un forban a bien essayé de lui abîmer son bateau en lui refusant un tribord et en l’abordant. C’est une faute difficilement pardonnable à l’encontre de cette jeune capitaine d’un paisible et vieux bateau.

Il y a un record à battre : l’ancien lasériste qui écrit ces lignes a gardé son Laser pendant 44 ans. Elena, tu dois garder ce bateau jusqu’à ta retraite, si tu veux faire mieux. Rappelle-nous quand tu comptes prendre ta retraite… En attendant, il faudra mettre des lattes dans cette voile qui flappouille. L’indice de flappouillage étant proportionnel au carré du taux de fasseyage, lui-même indexé sur l’inverse du niveau Beaufort ; à ne pas confondre avec le niveau de Beaufort dans la cambuse les soirs de raclette.

Nous évoquions le Laser, ce fier dériveur que David et Nicolas ne désespèrent pas de placer définitivement devant l’insolent jeune petit Europe barré par un vieux capitaine. Ces 3 concurrents forment la bande des inséparables Pieds Nickelés du YCP, souvent sur le podium. Croquignol et Ribouldingue voyant hélas souvent Filochard leur filocher entre les pattes. Lors de la dernière course, la cinquième de la journée et troisième de l’après-midi, ils ont réussi.

L’EdV revient du plan d’eau lointain où Xavier l’avait emmenée, afin de ne pas perturber la régate. Le petit train passe et rentre au bercail.

Mais le quai est déjà fort encombré par les nombreux habitables et dériveurs qui ont couru la régate. Les fameux embouteillages parisiens sévissent aussi sur la Seine ; Paris en bouteille, ce n’est pas une légende.

En attendant son tour, Nicolas régale son public captif de grandes filles qui crient des « Papa ! Papa !  » depuis le quai pour l’encourager. Il a décidé de terminer par une pirouette que voici :

Il est temps de régler nos comptes, de points de manches de régate, et non avec nos poings sortis des manches. Le président et la secrétaire s’affairent pour tâcher de rentrer dans les méandres informatiques de la FFV nos prouesses du jour. Ce n’est pas facile dans ce village Gaulois où la discipline des fiches d’inscriptions, des numéros de voile, des bateaux fantômes, des équipages échangistes réservent parfois des surprises.

La proclamation des résultats vient mettre un terme à l’impatience ambiante :

Dériveurs

Bravo aussi à Sébastien qui était équipier sur Gabrielle.

Habitables

Bravo aussi à Campbell qui était équipier sur Solowskaia, à Frédéric qui était équipier sur Mektoub, à Linda et Annaelle sur P’tit Loup, à Augustin sur Katilou, à Serge sur Gepeto.


Bravo à tous pour cette participation impressionnante. C’était les classements officiels mais voici un ordre qui compte aussi, celui du désordre de la photo :

Merci beaucoup à Iwona, le comité de course et la photographe, à Paul-Nicolas à la sécurité, à Timothée à la friteuse, à Nicolas au mouillage des bouées, et au président Jérôme dont cette régate est vraiment la fête puisqu’elle lui donne l’occasion d’y passer un temps fou en préparation et après. Merci à Éric, très impliqué, et à Emmanuelle qui est la grande organisatrice des régates. Merci à tous ceux qui ont participé d’une manière ou d’une autre, aux élèves de l’EdV, aux nouveaux adhérents, aux nouveaux propriétaires, à leurs familles, aux amis, et au préfet maritime qui lit certainement ce compte rendu.

La feuille de course d’Iwona. Ce n’est pas du gâteau ! Mais si on pouvait être deux à la vigie ce serait très facile. À bon entendeur, les prochains bénévoles seront accueillis avec grand plaisir. On voit aussi un peu de rouge sur la feuille ; je n’oserais certainement pas dire que certains ont été un peu coquins avec les règles de course, si vous me permettez cette prétérition.

Rendez-vous tous les samedis pour l’EdV et le 10 octobre pour la prochaine régate, la Régate d’Automne.

Écrit sous l’emprise de moules-frites, substances autorisées avec modération, par

Guillaume Thibierge, Europe Juanita Banana 5, FRA 26

Compte rendu Coupe de la Ligue Habitables et Descente de la Seine – 20 et 21 juin 2026

La chaleur est un terme qui convient bien au YCP. Club chaleureux s’il en est, cette année elle a même fait fondre un certain nombre de concurrents.

Par 35°C annoncés, ce sont seulement 6 équipages d’habitables qui ont entamé cette Coupe de la Ligue le samedi 20 juin.

6 équipages du Pecq à bord de 4 Cap Corse et 2 Corsaire. D’autres, et on les absout bien évidemment, ont préféré aller courir les icebergs sur des mers plus adaptées. Seuls les autochtones du Pecq sont acclimatés aux rudesses de cette latitude.

Une brocante improvisée sur le quai est l’occasion pour un équipage qui ne manque pas d’ambition de s’alléger jusqu’au minimum admis par la jauge du Cap Corse, dans l’espoir de doubler tout le monde. L’équipage étant très léger en poids et très lourd en expérience, ce déballage n’était pas vraiment nécessaire.

Pour être exacts, précisons qu’une régate de Canetons a précédé la Coupe de la Ligue. Une belle flotte dont nous précisons que nous préférons largement ses manœuvres dans la Seine que sur notre quai. Le Caneton, ancêtre du 5O5, se pratique en flotte compacte. Il arbore toujours un numéro règlementaire ; les habitués de la Tour d’Argent confirmeront. Revenons à nos moutons, même s’ils étaient absents de la surface de l’eau.

La première course est lancée sous un soleil de feu mais avec un petit vent qui fait parfois bien giter les concurrents.

Départ dans le sens du courant, donc au portant, selon des instructions de course adaptées (à on ne sait trop quoi, complétez selon votre imagination).

Cédric et Felix s’emparent de la tête de course sans ménagement. Tels des gladiateurs, ils effectuent une volte devant leur public juste avant de franchir la ligne d’arrivée.

La deuxième course confirme les positions. Les 2 Corsaire de notre joyeuse bande de jeunes sont équipés de chapeaux à ventilation pour éviter les canicules, dont il faut préciser qu’elles ne nous emballent pas.

Une galerie de 25 photos d’ambiance de Coupe de Ligue

De bonnes risées font giter et oublier la température ambiante.

Les Corsaire arborent aussi de magnifiques spis que le vent mollissant daigne gonfler de temps en temps.

Un bateau venant du Sud et arborant les couleurs du Pays Basque, est-ce une invasion d’un groupe autonomiste régional ? Mais non, voyons, c’est Katilou de ce bon Adrien.

Le comité, sous la direction de Marc Le Chalony, grille à feu doux dans la vigie, et le jury sur l’eau, Christian Chapelin, et ses assesseurs corsairistes veillent à ce que le fair-play et l’application des règles de course soient respectés.

Les corsairistes au grand complet finissent par un bain dans la Seine, bien mérité et agréablement rafraichissant, surveillés par Xavier sur son canot de sécurité.

La journée se termine par le dîner des équipages et la fête du YCP, rassemblant les concurrents, les membres, les familles, les amis,

ainsi que Serge-Charlie et ses drôles de dames. Nous avons aussi un groupe de musiciens qui met le feu à la piste de danse du YCP.

Est-ce le président Jérôme qui pousse la chansonnette ?

Les grillades coulent à flot et les boissons sont à point. Certains équipages, assez habitués de la chose, ne connaîtront qu’une très courte nuit.

Dominique dort dans son Maraudeur qui est à quai, en espérant être la première sur la ligne demain matin (prédiction douteuse).

Merci Fred pour cette photo !

Dimanche matin, c’est la deuxième journée pour les habitables, mais c’est l’épreuve annuelle rituelle pour les dériveurs et quillards de La Descente de la Seine, épreuve qui remonterait aux temps des premiers colons qui se sont installés sur les rives du « Pescque », dans des cabanes bambous dont il reste quelques traces.

Il fait déjà chaud le matin. Les augures ont prévu une poussée de fièvre à 38°C, qui se soigne par des bains frais réguliers. Chacun a prévu de remplir sa baignoire bateau avec un petit fond d’eau rafraichissante.

Pierre Dac disait : « les jours où il fait 38°C à l’ombre, personne ne vous force à aller vous mettre à l’ombre ».

Nos amis du CVBS de Montesson et de SNF de La Frette arrivent par le train de bateaux du petit matin.

Après une conférence donnée par les autorités, Marc pour le comité, Christian pour le jury, qui rappelle à bon entendeur les règles du savoir-vivre en régate,

le mot du président du YCP, les consignes de l’équipe FFSS de sauveteurs, nous prenons la mer et notre courage à bras le corps.

Regardez bien ce 470 de Bernard. Une fois le départ donné, on ne le verra plus longtemps ; il sera loin devant, occupé dans des virements « bascules » parfaits, toujours là où la moindre risée se situe, donnant une magistrale leçon aux autres barreurs.

La Seine est une mer d’huile dans laquelle on aurait pu faire cuire des frites ce dimanche.

Dans un ballet de pavillons virevoltants, Marc envoie les départs des habitables, puis des quillards, puis des dériveurs.

Le début est laborieux car le vent n’a pas pris le départ. Puis il fait une modeste apparition après le pont du RER, fait trois petits tours qui nous font passer du près au vent arrière quelques instants.

Et puis finalement, chacun choisit l’allure (réglage de voile en fonction de la direction du vent) qu’il veut car en l’absence de vent, on peut décider librement de sa direction.

La longue route, si vous permettez cette allusion à Bernard Moitessier, ponctuée d’arrosages à grands coups d’écopes pour se rafraîchir, nous mènera en 2h pour les plus rapides et 3h pour les oubliés du vent au CVBS à Montesson où nous faisons la pause traditionnelle.

Le comité voit terminer le 470 que les autres dériveurs ont perdu de vue depuis belle lurette.

L’année dernière, tout le monde était arrivé en un peloton groupé qui avait donné bien du mal au comité pour démêler les concurrents. Cette année, c’est un long étalage régulier qui laisse rôtir le comité en plein soleil pendant un temps fou.

Vers 15h, le dernier est arrivé. La sagesse des ans et le bon sens météorologique poussent notre comité à décider que tout le monde est cuit à point et que la régate doit se terminer ici à Montesson ; qu’il serait donc déraisonnable, en l’absence de vent, de s’en aller portés par le courant au terme du voyage jusqu’à La Frette.

Après de savants calculs dont la FFV a le secret, les résultats sont disponibles, cependant que les concurrents se restaurent au buffet offert par le CVBS sous un hangar accueillant, à l’ombre… où il fait toujours la température de fusion du saucisson et du pâté.

Résultats Habitables

Résultats de La Coupe de la Ligue sur 2 jours et de La Descente de la Seine / Trophée Marcel Guillot :

Résultats Quillards

de la Descente de la Seine :

Résultats des Dériveurs

de La Descente de la Seine

Un petit reproche à faire à SCORE de la FFV : dans cette liste, la Caravelle se retrouve au bas de la liste alors que son équipage était présent et a pris sa part de rôtissage. Même si une panne de vent l’a obligée à se faire remorquer, elle aurait bien eu sa place, sur l’ordre d’affichage au moins, après le 470 d’Irinah et Roberto. Prime à la présence, non ?

Et après les résultats…

Est-ce ici une fortune de mer d’un concurrent qui a démâté ? On le dirait bien.

Non, non, c’est le vainqueur de l’année prochaine. Il est tout simplement de retour au pays en remorque derrière l’embarcation de sécurité de Xavier.

Que dire au terme de ces 2 journées d’actualités brûlantes et de fournaise épique ?

Un grand merci 🙂 aux organisateurs et aux bénévoles des 3 clubs dont on ne mesure pas l’immense implication, à notre super duo Marc et Christian pour le comité et le jury, aux amis des 3 clubs qui nous ont accompagnés dans leur bateaux de sécurité, à l’impressionnante délégation FFSS de sauveteurs (auprès de qui votre serviteur s’est dévoué pour faire soigner une belle écorchure), à Jacqueline du CDV qui est venue pour les courses du samedi, aux photographes (Iwona, Serge, les amis du CVBS, un autre qui m’est proche), aux concurrents qui ont eu le courage d’affronter cette chaleur, et aux autres qui s’étaient inscrits et qui, nous le comprenons parfaitement, ont considéré qu’il valait mieux rester au chaud plutôt qu’au brûlant. Dans l’histoire de la Descente de la Seine, on me dit que c’est la première fois qu’on ne termine pas à La Frette. Qu’à cela ne tienne, donnons-nous rendez-vous l’année prochaine pour terminer le parcours comme il se doit selon la tradition.

Compte rendu régate – National Maraudeur – 23 au 25 mai 2026

National Maraudeur à La Chapelle-Sur-Erdre

par notre envoyé spécial et vice président Philippe Jeanjean

On ne peut pas dire que la nature du club de l’Ancre à La Chapelle-Sur-Erdre ne soit pas des plus engageante.


L’accueil du Président de l’A.N.C.R.E, du Président de l’AS Maraudeur et bien évidemment de tous les bénévoles est du même acabit que le décor, superbe et chaleureux.


Belle après midi, bien chaude, frisant le sauna nautique de ce premier jour qui nous a quand même permis de faire 3 belles manches peu ventées mais bien sympathiques.


Que des Maraudeurs ! Bizarre pour un National Maraudeurs !
15 bateaux au départ. Nous aurions dû être une vingtaine, mais pas mal de désistement au dernier moment. Peu nous importe.

3 manches courues, avec classements 4ème, 8ème, 6ème,

et finalement 6ème au général provisoire de ce samedi pour votre serviteur et Notre excellent Chef de base et barreur Christophe dans un vrai carrosse.


Dimanche, raid de La Chapelle-Sur-Erdre jusqu’au charmant petit port de Sucé, navigation dans les méandres de l’Erdre. Aujourd’hui, dimanche, changement de régime, vents soutenus et de belles claques. La remontée vers Sucé ne nous a pris qu’une heure quinze.


Arrêt pique-nique préparé par les organisateurs, pendant 1h30, à l’ombre des platanes, ombre bienfaisante avec ces 32 degrés.


Retour au club comptant pour la deuxième manche de la journée. Vent arrière, travers, près, nous avons eu droit à tout le panel et ce, sur ces 100m de large et 5/6 km de long.
Aussitôt franchi la ligne, c’est reparti pour 2 courses qui vont clore cette excellente journée.


Carosse et son équipage se classent 7ème au général à 2 petits points du 6ème …Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.
La suite demain lundi pour peut-être 2 manches avant de plier bagages.




Et aujourd’hui, c’est lundi.
Et pas du tout ce qui était prévu, ni par la météo, ni par le Comité de course.


Comme m’a glissé le Juge du Comité «ce matin, c’est 0 nœud mollissant vers l’ouest ». Les Belges ne manquent pas d’humour.


Mais avec un peu de patience, le vent a daigné monter jusqu’à l’impressionnante vitesse de 2,5/3 kts.


Le départ est donné sur un petit parcours, raccourci lui-même au bout d’une demi-heure . Nous avons donc tourné autour de 2 bouées !


Ces 3 belles journées se sont terminées par le traditionnel pot de remise des prix.


Un remerciement tout particulier à la Famille Boutin pour l’organisation, la préparation du dîner des équipages du dimanche soir et bravo pour le far breton préparé avec amour par Jacques, président de l’AS Maraudeur. Nous savons combien il faut déployer d’énergie dans ce genre d’organisation.
Un grand merci à tous les bénévoles de l’AS et du club de l’Ancre, sans oublier bien évidemment de remercier chaleureusement notre arbitre Jean-Philippe COENEN et Philippe GODEAU Juge qui ont mené de main de maîtres, avec compétence et bonne humeur, cette belle édition du National Maraudeur 2026.

Philippe Jeanjean

Compte rendu régate – CAP 2026 – 8 au 16 mai 2026

De notre envoyé spécial, en bonne place, Éric Joye

CAP 2026 – Le Crouesty

Solowskaia et Ty-Champ arrivent sur zone le 08 Mai, précédé de Satanas, Artaban, Gepeto et Mektoub .

Mise à l’eau le 09 Mai, matage tranquille.

Dimanche 10 Mai, le vent souffle gentiment, le ciel est gris, les nuages bas, la pluie pas loin et deux bateaux dont Ty-Champ décident d’aller faire des ronds dans l’eau en baie de Quiberon, Ty-Champ ira jusque devant Houat endroit où le vent a décidé de forcir un peu, de la gite du rappel efficace pour finalement rentrer au Crouesty (en ayant un moment pensé à passer la nuit à Houat), l’autre bateau dont 3 équipiers sont des chiens a été très remarqué.

Lundi 11 Mai, le vent moins fort que la veille, le soleil se montre et la décision collégiale est de remonter jusqu’au port de Saint Goustan (Auray). Une flotte de 6 bateaux rentre dans le golfe du Morbihan sauf Artaban qui rencontre un problème de génois.

La flotille remonte la rivière d’Auray au près, parsemée de mouillages où il n’est pas facile de trouver sa route, Ty-Champ part en éclaireur (Phylann sur problème de moteur rentre au Crouesty). Ty-Champ décide de s’arrêter au charmant port du Bono (croyant être arrivé à bon port). Une fois l’erreur comprise, Ty-Champ reprend la rivière, mais l’endroit est sournois et la vase traite, lors d’un virement un peu proche de la berge, le bateau s’immobilise et fort de constater que la vase est collante et qu’elle aime notre dérive (Il semble que Gepeto ai connu la même mésaventure). Au bout du compte tout le monde arrive à Saint Goustan. Une petite pose et il est temps de faire demi tour et de rentrer au Crouesty avec la marée et le vent dans la dos, très belle balade.

Mardi 12 Mai

Les bateaux arrivent au fur et à mesure, dont Poussah.

La météo toujours clémente avec encore un peu de vent, il est décidé d’aller vers Arradon (au fond du golfe).

La flotille sort du port et entre de nouveau dans le golfe, après deux jours sur Ty-Champ, nous avons décidé de sortir Solowskaia avec un équipage composé de Cédric, Jérôme et Eric. Bien nous en à pris, arrivé au niveau de la Jument après être passé près de Er-Lannic (qui possède deux enceintes de Cromlech) avec vue sur le tumulus de Gravinis, dans une risée, les trois gaillards au rappel, un hauban sans doute fatigué a décidé de rompre sous la charge et le mât avec ses voiles décide d’aller à l’eau. Plus question d’aller au fond du golfe, on remonte, voiles et mât sur le bateau, on met le moteur en route (lui même une acquisition récente suite à l’escapade du petit Japonais) et en route vers le Crouesty, mais à contre courant, le valeureux 2,5 ch s’échauffe et refuse de repasser la jument. On arrive à mouiller, on range les voiles, on assure le mât, Jérôme inspecte le moteur, bricole. On patiente et à renverse, le moteur redémarre et rentre tranquillement au port.

Le reste de la flotte nous rejoint au Crouesty.

Mercredi 13 Mai

Les conditions météo (19 nds et des rafales à 30 nds) ne permettent pas aux Cap-Corse de prendre la mer. Ce sera une journée bricolage à remater Solowskaia avant qu’il ne devienne Pivertskaia.

Jeudi 14 Mai

Les derniers bateaux (les locaux) arrivent et sont mis à l’eau, se seront 14 Cap-Corse qui vont donc régater à partir de cet après-mdi.

Le vent est toujours présent et l’organisation nous demande si l’on souhaite sortir.

La réponse est évidente, les Cap-Corse trépignent d’impatience et l’ensemble de la flotte part pour un parcours construit, qui sera le seul de la journée.

Les conditions font que certains bateaux rencontrent des problèmes mécaniques, des malades à bord et rentrent au port. Belle bagarre en avant du peloton avec des croisements serrés.

  1. Artaban
  2. Ty-Champ
  3. Filovent

Vendredi 15 Mai

Les conditions météo deviennent plus clémentes (provisoirement) et on part sur un parcours construit.

Sur Ty-Champ quelques problèmes avec la manipulation de spi et Tymousstyco nous passe avant l’avant dernière bouée.

  1. Tymousstyco
  2. Ty-Champ
  3. Pivertskaia

L’organisation relance un parcours construit, qui sera raccourci pour permettre de réaliser un côtier. Pivertskaia est très en verve et remporte cette course.

  1. Pivert
  2. Pénélope
  3. Ola

Au moment de lancer le côtier, le vent monte et la flotte part pour faire le tour de l’ile de Mehaban, située à l’entrée du Golfe du Morbihan. Avant d’atteindre l’île nous croisons une flotte de vieux gréements dont plusieurs Pen Duick, tous de très beaux bateaux légèrement plus long que nos Cap-Corse. Pivertskaia décide d’aller à la côte et rencontre la grêle, le reste de la flotte plus au large y échappe.

Pen Duick, côtre de régate de 1898 (plan William Fife III), bateau fétiche d’Éric Tabarly, moult fois rénové.

 Artaban passe Ty-Champ qui cherchait la bouée Mehaban sud.

Artaban et Ty-Champ pour différentes raisons ne montent pas le spi, sur le dernier bord, Pénélope et Ola reviennent sur les deux échappés, Ola aura raison de Ty-Champ sur la ligne.

1.Artaban

2.Ola

3. Ty-Champ

A l’arrivée les conditions météo se dégradent, la mer se forme et la flotte affronte des creux de deux mètres environ, alors que les prévisions annonçaient une amélioration (le temps est très variable en Bretagne).

Rentré au port Ty-Champ constate que le vit-mulet de sa bôme est cassé et l’abandon est envisagé. Par acquis de conscience on va chez le fabricant de gréement qui a sauvé Solowskaia et par chance il avait la pièce. La bôme est remise en état, remontée sur le bateau.

Samedi 16 Mai

En sortant du port le vent est faible pour rejoindre la zone de départ.

On part pour un côtier et dès le départ le vent se lève, la flotte s’étire et cette fois les spis sortent, La navigation est plus précise, les bouées pas évidentes à repérer sur l’eau et encore moins le bateau comité pour l’arrivée, beau parcours. Les trois bateaux de tête ne se sont pas lâchés depuis la bouée de dégagement, même si à l’arrivée, l’ordre a un peu changé

  1. Ty-Champ
  2. Tymousstyco
  3. Pénélope

Dernière course de  ce Cap 2026, un parcours construit.

Le vent est toujours soutenu.

Le moment important de cette course sera finalement l’arrivée. 

Il y avait une bouée à virer avant l’arrivée au bateau comité et dans un élan général les bateaux de tête ont oublié cette bouée. Sur Ty-Champ nous n’avions pas monté le spi et le bateau nous précédant n’ayant pas été sifflé (à l’arrivée) nous avons compris notre erreur et sommes immédiatement aller virer la bouée pour revenir vers le bateau comité. Cette erreur a quelque peu modifié l’ordre d’arrivée.

  1. Ty-Champ
  2. Pénélope
  3. Ola

Cette arrivée sera de fait le podium de ce Cap 2026 de très belle facture avec de belles navigations.

1.Ty-Champ

2.Pénélope

3.Ola

Samedi soir remise des prix (3 bateaux Le Jeloux sur le Podium) et repas des équipages autour d’une paella dans une très bonne ambiance.

Malheureusement dimanche Patrick nous apprenait le décès de Jean (son équipier sur Pénélope – 2 ème du Cap 2026) lors de son retour.

Jean faisait partie avec Patrick et Marc de l’équipage dit des «Tontons» qui naviguaient sur Pénélope.

Je reprends les mots de Pierre Formanek :

Voilà un grand capcorsien qui nous quitte en douce. 

Bons souvenirs d’un homme chaleureux qu’il était si agréable de côtoyer sur l’eau comme avec le verre de punch à la main.

Nos condoléances à sa famille, à Patrick, Marc et à Pénélope qui perd l’un de ses fidèles équipiers.

Éric Joye

Compte rendu régate – Coupe Mixte – 9 mai 2026

Samedi 9 mai, la Coupe Mixte du YCP a été courue par un nombre considérable d’équipages tous plus mixtes les uns que les autres. Nombre considérable, si on le met en rapport avec les escapades des uns et des autres au mois de mai, le blocage du détroit d’Ormuz qui a retenu certains concurrents en amont du Pecq et les conditions de température et de pression qui sont fluctuantes en cette période depuis quelques décennies.

Tout a commencé le matin, comme c’est souvent le cas. Les inscrits de la dernière heure sont venus opportunément pour renforcer l’armada. La météo annonçait un vent de 5 – 6 nœuds avec pointes à 15 nœuds. Les pointes sont allées manifestement se planter dans un Saint Sébastien d’occasion car personne ne les a vues sur la Seine.

La direction du vent ? Celle indiquée par cette girouette. C’est une orientation de vent que les spécialistes considèrent comme appropriée et que d’autres préfèrent ne pas commenter. En tous cas, vous voilà fixés et en mesure d’apprécier la suite.

Les 3 quarts des Corsaire du club étaient de sortie. Ici l’équipage de Laureline, barreuse de la journée, entourée de Sébastien, Tristan et Arthur dont elle devra maîtriser les compétences avariées variées.

La capitaine Clara et sa vieille sœur Emma accepteront d’embarquer Felix en 420, sous les yeux de leur maman Julie qui viendra en milieu de journée pour encourager son équipe.

Les instructions de course sont communiquées aux barreuses et tout le monde embarque et prend le premier départ vers le Nord. Sandrine, munie de Christophe, prend rapidement les devants, mais pas loin de virer à la bouée Sud, tous les bateaux la rejoignent en un magnifique peloton solidaire où chacune cherche charitablement à éliminer les autres concurrentes.

Fanny et Coralie se prennent la tête avec Kigliss et prennent la tête de la course. Elles étrennent ce nouveau Cap Corse du club qui nécessite encore quelques petits réglages. En positionnant la barre à gauche, le bateau va… à gauche ! Et mutatis mutandis pour l’autre côté. Si des conducteurs d’automobiles lisent ces lignes, ils auront certainement un sourcil levé. Mais pour nous autres marins, le dieu Neptune a donné des consignes franches et claires à la barre franche : « si tu es placée à gauche, le bateau doit tourner à droite ».

C’est une des nombreuses particularités de notre sport où l’on aime contrarier le sens commun. Quand on appelle bout, garcette ou écoute ce que tout le monde appelle une corde, ou bôme ce qui n’est qu’une matraque oscillant horizontalement, ou dérive une planche qui sert à ne pas dériver, il ne faut s’étonner de rien.

Pour continuer sur les termes marins, nous voyons sur cette photo que Soraya, la barreuse de Katilou est en train d’abattre. Pour un marin, cela ne fait aucun doute et il ne s’inquiète que de voir les voiles continuer de pendouiller lamentablement. Pour le conducteur automobile, Soraya vient d’abattre… son équipier qui gît pitoyablement sur le pont devant le mât. La décontraction apparente de ce marin a pourtant une explication : il a oublié de mettre sa casquette à l’envers, comme le font tous les jeunes. Donc la visière le gêne. Il est donc obligé de se pencher terriblement pour voir la girouette en tête de mât. Il a donc préféré se mettre carrément à l’horizontale pour ne pas se tordre le cou. C’est peine perdue, d’ailleurs, car Katilou n’a pas de girouette en tête de mât.

Les bateaux arrivent en rangs serrés. Du côté des habitables, Fanny & Coralie sont devant Sandrine & Christophe. Pour les dériveurs arrivés à quelques secondes, ce sont les temps compensés qui font la différence : La Caravelle de Sylvie & Hubert est première, suivi d’Elena en Laser Radial et Clara, Emma & Felix en 420.

Mêmes conditions pour la 2ème course, avec un petit vent, ou pas, selon les moments.

Votre serviteur, aux manettes de la vigie et du chronomètre, reçoit la visite d’une petite mésange, vraiment minuscule. Elle piaille à tue-tête. J’ai presque peur que les concurrents ne croient à un rappel général ou autre annonce désagréable. Le petit intrus comprenant que je ne suis pas un asticot appétissant, va tonitruer ailleurs.

Elena fait une course magnifique, puisqu’elle termine 10 minutes avant Sylvie & Hubert. Pareil côté habitables où Sandrine & Christophe terminent 17 minutes devant Sagre.

Pour cette course, le calcul des temps compensés peut aller pointer au chômage.

L’heure du pique-nique a sonné. De jeunes équipières rejoignent les corsairistes ? Nenni, elles ne sont là que pour la bonne humeur des équipages de Soraya et Laureline. À propos, rappelons que Soraya a la manie de porter son gilet de sauvetage en déjeunant. Nous l’avions déjà remarqué en septembre. La saison n’y est pour rien. Elle craint pour sa vie. C’est humain. Nous ne la changerons pas.

Ça creuse de se battre contre des moulins à pas de vent. Sandouiches, pâté, camembert, le repas des sportifs reste équilibré.

Les courses reprennent à 14h. Sagre, le très élégant bateau du capitaine de flotte des Corsaire du YCP, est régulièrement 2ème. Où est son équipière règlementaire pour cette coupe mixte ? La discrète Marie-Françoise sera peut-être plus visible sur une autre photo.

Sandrine et Christophe terminent la 3ème course à une cadence infernale, suivis ensuite par Sagre et Zhik d’Elena qui arrivent à une seconde d’écart.

Fanny et Coralie renoncent à faire entendre raison à Kigliss et regagnent la terre ferme…

où veille Carlette, paisible surveillante des régates.

À bord de Katilou, on cherche la risée. Adrien aide Soraya, la casquette en position ad-hoc pour le scrutage des girouettes… des autres bateaux, qui sont malheureusement un peu loin.

Sur le 420, Clara a mis sa sœur à l’eau en début d’après-midi. Elle est donc seule maîtresse à bord. Son moussaillon règle attentivement le foc pour ne pas perdre de terrain aqueux.

Ptit Loup remonte dans le classement. Laureline n’en croit pas ses yeux. D’ailleurs elle barre en se masquant complètement la vue, comme on le voit ici. C’est une technique novatrice. Mais après-tout, comment font les marins dans la nuit ? Sébastien est vieux-jeu ; il préfère regarder devant.

Le ballet sur l’eau, apparemment désordonné obéit pourtant aux dures lois de la navigation fluviale : certains remontent quand d’autres descendent. Et parfois c’est l’inverse. Entre la Caravelle de Sylvie – Hubert et le Laser d’Elena, c’est une lutte sans merci. Elles ont autant de points. La dernière course sera décisive.

Le vent ayant tourné (regardez donc la girouette en photo au début, mais dans l’autre sens), le parcours part désormais vers le Sud. On remonte au vent arrière au lieu d’empanner au près, si vous voyez ce que je veux dire. Le conducteur automobiliste ne peut pas comprendre ce que je viens d’écrire. C’est le fameux humour marin, qui laisse de glace les aviateurs et les automobilistes.

Clara garde le cap. Elle n’a pas besoin de se masquer la vue comme sa concurrente Laureline.

Au terme de la 4ème course d’une vingtaine de minutes, les dériveurs arrivent tous dans une fourchette (à 3 dents) de 30 secondes. Hubert, qui est un fin calculateur, a bien compris ce que cela signifiait. Nous allons voir ça. Elena doit se dire que son énorme avance dans les 2ème et 3ème courses ne va pas y faire grand-chose.

Dans les cockpits des habitables, on s’agite et on trépigne. Quelques belles risées font giter Carosse et c’est à vive allure que Sandrine et Christophe franchissent leur dernière ligne d’arrivée. Nous allons voir ce que cela signifie, mais… c’est tout vu.

Après dégréage rapide, le vice-président va célébrer la cérémonie officielle des résultats dans la salle de réception de la pelouse devant le hangar. Avant d’aller plus loin, remercions chaleureusement Philippe qui a passé sa journée à assurer la sécurité de la régate, dans son canot’ à moteur, sous un soleil dardant de tous ses rayons sur sa belle casquette YCP. Il a bien protégé notre armada des assauts de 5 ou 6 péniches belliqueuses.

Ce vice-président, expert en sécurité sur l’eau, nous a dégoté, en guise de prix, des livres parfaitement en accord avec le thème de notre « Coupe Mixte » du jour : Des affiches et photos de la Compagnie de Navigation Mixte. Quel esprit d’à-propos mûrement réfléchi. Certains, qui ont parcouru l’ouvrage dans la soirée, ont trouvé que c’était un joli petit présent.

Le comité de course remet sa médaille au capitaine Clara et à son moussaillon, sans oublier Emma, la grande sœur du matin.

D’ailleurs, Voici les résultats. Ce sont désormais les résultats définitifs de la FFV, sur son serveur cybernétique SCORE (article mis à jour le 26/5 avec les résultats définitifs qui comportent une petite différence pour la 3ème place des habitables).

Classement Dériveurs

🥇 Sylvie Pierrot et Hubert Tremsal, Caravelle,
🥈 Elena Berrocal–Drouard, ILCA 6 (Laser radial) « ZHIK », même nombre de points, départagée seulement par la dernière course.
🥉 Clara, Emma et Felix Papier, 420 « Le Bleu Infini »

Classement Habitables


🥇 Sandrine Thibierge et Christophe Parent, Maraudeur Carosse,
🥈 Marie-Françoise (François-Marie Lelay) et Serge Montet, Corsaire Sagre,
🥉 Fanny Guezennec et Coralie Grzeczkowicz sur le Cap Corse Kigliss II,

et bravo à Laureline Tillier, Sébastien Pelletier et Tristan Garri, Corsaire Ptit Loup, à Soraya Bourgeois, Adrien Lomba et Arthur Papereux sur le Corsaire Katilou.

Photo des vainqueuses et de leurs compères mixtes.

Photo de tous les participants de la journée.

Nous avons eu la visite de Pierre et Frédérique, mais aussi de notre grand ami Élie qui est venu de sa province très lointaine pour saluer ses fidèles amis du YCP. Il était accompagné de Johanna, qui a fait de nombreux travaux de tauds et bâches pour les bateaux du YCP. Le président étant parti avec la clé du bar, nous n’avons pas pu sabrer le champagne comme nous l’aurions souhaité. Ce vœux pieux d’une bande d’assoiffés n’est donc que partie remise.

Notre prochaine régate sera la Coupe de la Ligue habitables et la Descente de la Seine les 20 et 21 Juin. Préparez-vous !

Votre dévoué Guillaume, pour l’occasion comité de course de cette Coupe Mixte.