
La chaleur est un terme qui convient bien au YCP. Club chaleureux s’il en est, cette année elle a même fait fondre un certain nombre de concurrents.

Par 35°C annoncés, ce sont seulement 6 équipages d’habitables qui ont entamé cette Coupe de la Ligue le samedi 20 juin.

6 équipages du Pecq à bord de 4 Cap Corse et 2 Corsaire. D’autres, et on les absout bien évidemment, ont préféré aller courir les icebergs sur des mers plus adaptées. Seuls les autochtones du Pecq sont acclimatés aux rudesses de cette latitude.

Une brocante improvisée sur le quai est l’occasion pour un équipage qui ne manque pas d’ambition de s’alléger jusqu’au minimum admis par la jauge du Cap Corse, dans l’espoir de doubler tout le monde. L’équipage étant très léger en poids et très lourd en expérience, ce déballage n’était pas vraiment nécessaire.

Pour être exacts, précisons qu’une régate de Canetons a précédé la Coupe de la Ligue. Une belle flotte dont nous précisons que nous préférons largement ses manœuvres dans la Seine que sur notre quai. Le Caneton, ancêtre du 5O5, se pratique en flotte compacte. Il arbore toujours un numéro règlementaire ; les habitués de la Tour d’Argent confirmeront. Revenons à nos moutons, même s’ils étaient absents de la surface de l’eau.

La première course est lancée sous un soleil de feu mais avec un petit vent qui fait parfois bien giter les concurrents.

Départ dans le sens du courant, donc au portant, selon des instructions de course adaptées (à on ne sait trop quoi, complétez selon votre imagination).

Cédric et Felix s’emparent de la tête de course sans ménagement. Tels des gladiateurs, ils effectuent une volte devant leur public juste avant de franchir la ligne d’arrivée.

La deuxième course confirme les positions. Les 2 Corsaire de notre joyeuse bande de jeunes sont équipés de chapeaux à ventilation pour éviter les canicules, dont il faut préciser qu’elles ne nous emballent pas.
Une galerie de 25 photos d’ambiance de Coupe de Ligue
De bonnes risées font giter et oublier la température ambiante.

Les Corsaire arborent aussi de magnifiques spis que le vent mollissant daigne gonfler de temps en temps.
Un bateau venant du Sud et arborant les couleurs du Pays Basque, est-ce une invasion d’un groupe autonomiste régional ? Mais non, voyons, c’est Katilou de ce bon Adrien.


Le comité, sous la direction de Marc Le Chalony, grille à feu doux dans la vigie, et le jury sur l’eau, Christian Chapelin, et ses assesseurs corsairistes veillent à ce que le fair-play et l’application des règles de course soient respectés.

Les corsairistes au grand complet finissent par un bain dans la Seine, bien mérité et agréablement rafraichissant, surveillés par Xavier sur son canot de sécurité.
La journée se termine par le dîner des équipages et la fête du YCP, rassemblant les concurrents, les membres, les familles, les amis,

ainsi que Serge-Charlie et ses drôles de dames. Nous avons aussi un groupe de musiciens qui met le feu à la piste de danse du YCP.

Est-ce le président Jérôme qui pousse la chansonnette ?
Les grillades coulent à flot et les boissons sont à point. Certains équipages, assez habitués de la chose, ne connaîtront qu’une très courte nuit.





Dominique dort dans son Maraudeur qui est à quai, en espérant être la première sur la ligne demain matin (prédiction douteuse).

Merci Fred pour cette photo !
Dimanche matin, c’est la deuxième journée pour les habitables, mais c’est l’épreuve annuelle rituelle pour les dériveurs et quillards de La Descente de la Seine, épreuve qui remonterait aux temps des premiers colons qui se sont installés sur les rives du « Pescque », dans des cabanes bambous dont il reste quelques traces.
Il fait déjà chaud le matin. Les augures ont prévu une poussée de fièvre à 38°C, qui se soigne par des bains frais réguliers. Chacun a prévu de remplir sa baignoire bateau avec un petit fond d’eau rafraichissante.

Pierre Dac disait : « les jours où il fait 38°C à l’ombre, personne ne vous force à aller vous mettre à l’ombre ».

Nos amis du CVBS de Montesson et de SNF de La Frette arrivent par le train de bateaux du petit matin.

Après une conférence donnée par les autorités, Marc pour le comité, Christian pour le jury, qui rappelle à bon entendeur les règles du savoir-vivre en régate,

le mot du président du YCP, les consignes de l’équipe FFSS de sauveteurs, nous prenons la mer et notre courage à bras le corps.

Regardez bien ce 470 de Bernard. Une fois le départ donné, on ne le verra plus longtemps ; il sera loin devant, occupé dans des virements « bascules » parfaits, toujours là où la moindre risée se situe, donnant une magistrale leçon aux autres barreurs.

La Seine est une mer d’huile dans laquelle on aurait pu faire cuire des frites ce dimanche.

Dans un ballet de pavillons virevoltants, Marc envoie les départs des habitables, puis des quillards, puis des dériveurs.

Le début est laborieux car le vent n’a pas pris le départ. Puis il fait une modeste apparition après le pont du RER, fait trois petits tours qui nous font passer du près au vent arrière quelques instants.

Et puis finalement, chacun choisit l’allure (réglage de voile en fonction de la direction du vent) qu’il veut car en l’absence de vent, on peut décider librement de sa direction.

La longue route, si vous permettez cette allusion à Bernard Moitessier, ponctuée d’arrosages à grands coups d’écopes pour se rafraîchir, nous mènera en 2h pour les plus rapides à 3h pour les oubliés du vent au CVBS à Montesson où nous faisons la pause traditionnelle.

Le comité voit terminer le 470 que les autres dériveurs ont perdu de vue depuis belle lurette.
L’année dernière, tout le monde était arrivé en un peloton groupé qui avait donné bien du mal au comité pour démêler les concurrents. Cette année, c’est un long étalage régulier qui laisse rôtir le comité en plein soleil pendant un temps fou.
Vers 15h, le dernier est arrivé. La sagesse des ans et le bon sens météorologique poussent notre comité à décider que tout le monde est cuit à point et que la régate doit se terminer ici à Montesson ; qu’il serait donc déraisonnable, en l’absence de vent, de s’en aller portés par le courant au terme du voyage jusqu’à La Frette.
Après de savants calculs dont la FFV a le secret, les résultats sont disponibles, cependant que les concurrents se restaurent au buffet offert par le CVBS sous un hangar accueillant, à l’ombre… où il fait toujours la température de fusion du saucisson et du pâté.
Résultats Habitables
Résultats de La Coupe de la Ligue sur 2 jours et de La Descente de la Seine / Trophée Marcel Guillot :


Résultats Quillards
de la Descente de la Seine :


Résultats des Dériveurs
de La Descente de la Seine


Un petit reproche à faire à SCORE de la FFV : dans cette liste, la Caravelle se retrouve au bas de la liste alors que son équipage était présent et a pris sa part de rôtissage. Même si une panne de vent l’a obligée à se faire remorquer, elle aurait bien eu sa place, sur l’ordre d’affichage au moins, après le 470 d’Irinah et Roberto. Prime à la présence, non ?
Et après les résultats…

Est-ce ici une fortune de mer d’un concurrent qui a démâté ? On le dirait bien.
Non, non, c’est le vainqueur de l’année prochaine. Il est tout simplement de retour au pays en remorque derrière l’embarcation de sécurité de Xavier.
Que dire au terme de ces 2 journées d’actualités brûlantes et de fournaise épique ?
Un grand merci 🙂 aux organisateurs et aux bénévoles des 3 clubs dont on ne mesure pas l’immense implication, à notre super duo Marc et Christian pour le comité et le jury, aux amis des 3 clubs qui nous ont accompagnés dans leur bateaux de sécurité, à l’impressionnante délégation FFSS de sauveteurs (auprès de qui votre serviteur s’est dévoué pour faire soigner une belle écorchure), à Jacqueline du CDV qui est venue pour les courses du samedi, aux photographes (Iwona, Serge, les amis du CVBS, un autre qui m’est proche), aux concurrents qui ont eu le courage d’affronter cette chaleur, et aux autres qui s’étaient inscrits et qui, nous le comprenons parfaitement, ont considéré qu’il valait mieux rester au chaud plutôt qu’au brûlant. Dans l’histoire de la Descente de la Seine, on me dit que c’est la première fois qu’on ne termine pas à La Frette. Qu’à cela ne tienne, donnons-nous rendez-vous l’année prochaine pour terminer le parcours comme il se doit selon la tradition.
























