Compte rendu régate – Coupe de l’école de voile – 1er mai 2026

Sustine et abstine ! (Supporte et abstiens-toi). C’est la devise des stoïciens, attribuée à Épictète, un fameux régatier Grec qui s’y connaissait en petit temps. Ce qui veut dire qu’il faut prendre son mal en patience et s’accommoder du temps qu’il fait. C’est parce qu’il avait connu, dans les Cyclades, des conditions de régates comme celles de notre 1er mai, que ce célèbre Épictète l’est devenu.

Où l’on voit ici le jeune Joona tenir tête au vénérable équipage de Pomalo, Bruno à la barre et Pierre au génois et à la navigation au sextant.

Tout a commencé par le réveil mis aux aurores en ce jour du 1er mai pour se mettre en costume afin d’aller manifester sur la Seine dans le cortège de régate rituel en ce jour.

Les bateaux sont gréés sans oublier le brin de muguet, dont on verra s’il porte chance à ceux qui l’arborent.

Le comité de course constitué des meilleurs Noureddine du club au grand complet, canalise les ardeurs des coureurs qui s’élancent aussi vite que possible vers la première bouée. Un petit vent irrégulier, plutôt d’Est, permet d’avancer par sauts de puces à chaque risée.

Le peloton, pour l’instant bien groupé, avance cahin-caha, les uns au près, les autres au vent arrière selon les goûts de chacun.

Devant ce manque de rigueur, Xavier, qui assure la sécurité s’en arrache la chemise. Xavier assure aussi la direction sportive du jeune Joona qui aura Xavier pour lui tout seul la plupart du temps.

Les orages prévus, les rafales à 20 nœuds annoncées sont restés sur l’axe République – Bastille dans le cortège qui ne défilera pas au Pecq en ce 1er mai.

Aujourd’hui, nous célébrons la première sortie en régate du Corsaire de Thierry. Cet illustre bateau vert en bois, et non pas en bois vert, fût jadis retapé par un prestigieux membre du club. Il reprend du service avec un nouveau jeu de voiles. Thierry est secondé par 2 équipiers : son fils Antoine et notre énergique Coralie, qui a laissé tomber son X4 rouge fétiche (Nicolas a ramassé le fétiche en ce 1er mai). Sur cette photo, nous voyons Coralie désigner à son capitaine la prochaine victime de leur passage au vent. Il y a fort à parier que ce soit le Maraudeur de Christophe et Philippe.

La 2ème course démarre sous un vent toujours bien faible.

Du côté dériveurs, la lutte est acharnée entre Nicolas (X4), David (Laser) et mézigue (Europe).

Du côté habitables, ce sont Solowskaia (Cédric) et Carosse qui bataillent ferme. Ils sont suivis régulièrement par Pomalo et le Corsaire de Thierry, l’un rouge à bâbord et l’autre vert à tribord comme la convention l’exige. Coralie a quitté sa position vautrée sur la plage avant pour regagner le cockpit au cœur des opérations.

Pierre, en plein chantier de rénovation de son Bois d’Ardeau, a embarqué avec Bruno sur Pomalo, dont on peut admirer sur cette photo la magnifique barre fabriquée par cet orfèvre de Bruno.

Après 2 courses longues et épuisantes pour les nerfs, l’heure a sonné pour le réconfort d’un repas en une grande tablée. Photo prise par Noureddine, comme d’ailleurs toutes les photos de ce reportage. Merci à lui. Sans ces photos, on pourrait douter de tout (Épictète ? Non René Descartes !).

Les affaires reprennent vers 14h20. Le vent tourne et baisse progressivement, mais avec une risée de temps en temps pour nous réveiller de la sieste.

Sous le vent de Joona, seul capitaine de son Équipe, Adrien est secondé par son père Vincent, et soutenu aussi par sa mère Florence qui reste prudemment à bonne distance du bateau. Adrien remporte largement le prix du stoïcisme dans la bonne humeur au cours de cette régate. Le vent n’est clairement jamais où il se trouve.

Xavier a remis sa chemise de lieutenant de la sécurité. Le petit temps nous donne l’occasion de faire la conversation avec lui sur l’eau. Ici, je suis monté en tête de mât pour orienter la girouette dans le sens qui me convient, et Xavier semble incrédule sur les chances de succès de cette opération.

Bonne humeur et entraide maritime dans les fins de course. Est-ce Joona qui empêche Katilou de reculer ou Katilou qui remorque l’Équipe de Joona par le travers ? Les experts remarqueront la présence de la bosse de ris et des garcettes sur la grand-voile ; Adrien avait-il envisagé de prendre un ris aujourd’hui ?

À la 3ème course, Carosse est à 30m derrière l’Europe quand celui-ci passe la ligne. Il faudra une vingtaine de minutes seulement pour que les 2 compères franchissent à leur tour la ligne. C’est dire si le courant a été malicieux en ce 1er mai.

Elena agenouillée devant sa dérive est en pleine prière. Sera-t-elle exaucée ? Pas sûr que ce soit pour aujourd’hui. Depuis longtemps, elle veut faire la peau au trio de tête : David, Nicolas et votre serviteur. Cela viendra. Patience ! Elle peut compter sur le soutien sans faille de son équipe à terre. Séverine et Marcelo sont à leur poste sur le quai et veille à sa progression.

Le parcours raccourcis reste assez long à boucler. L’heure de la dernière course a sonné si on ne veut pas y passer la nuit.

On fait risette aux risées quand elles arrivent. Il ne faut pas rater le train. Le coup de trompe donné par Noureddine est enfin le bienvenu. Ces régates par petit temps sont assez fatigantes ; on se tient dans des positions tordues, on change les réglages en permanence. Bord à bord avec Christophe et Philippe je leur disais qu’ils avaient bien de la chance de n’avoir qu’une girouette, car, avec mes 2 girouettes, l’une en tête de mât, l’autre en bas, je ne sais laquelle je dois croire puisque l’angle entre les 2 est souvent de 180°. Heureux les sans girouette, le royaume de la paix est pour eux.

Fin des courses. Où l’on voit notre jeune Joona donner une leçon de X4 au moniteur Xavier en passant, tribord amure, devant Cédric.

Notre vice-président récupère les feuilles de temps. Elles ont failli s’envoler de la vigie et suivre les instructions nautiques qui ont été repêchées par un comité de la Croix Rouge (ouida, sic). Comme quoi le vent soufflait un peu à la hauteur de la vigie. La méthode traditionnelle est promptement utilisée pour calculer les temps compensés de chaque course. Philippe a tôt fait les calculs. Il peut annoncer dans la bonne humeur les résultats aux concurrents restés présents. D’autres ayant appris que Philippe n’avait pas la clé du placard du bar, avaient déserté le club au plus tôt.

Non, c’est faux, je suis mauvaise langue.

Classement Dériveurs

  • 🥇 Guillaume Thibierge, Europe « Juanita Banana 5 »,
  • 🥈 Nicolas Bérengier, X4 « le rouge »,
  • 🥉 David Balandras, Laser « Krakatau »

Et bravo à Elena, Laser radial et Joona en Équipe.

Classement Habitables

  • 🥇 Christophe Parent et Philippe Jeanjean, Maraudeur « Carosse »,
  • 🥈 Cédric Lambert, Cap Corse « Solowskaia »,
  • 🥉 Bruno Sanchez et Pierre Mannu, Cap Corse « Pomalo »,

Et bravo à Thierry Miné, Coralie Grr*%!**, Antoine Miné sur Corsaire vert, Adrien et Vincent Lomba sur Corsaire « Katilou ».

Grands mercis à Noureddine, chef du comité de course et Xavier, moniteur en chef et officier de la sécurité, sans le dévouement desquels la régate eût été impossible. Leur engagement est aussi splendide que la chemise de Xavier. Merci aussi à Épictète pour ses précieux conseils, utiles pour les nerfs dans le petit temps.

Tous les méritants reçoivent une médaille. Les voici d’ailleurs en photo, avec une pensée bien amicale pour les absents repartis plus tôt, notamment Joona, Pierre, Antoine, Xavier.

Rendez-vous à la prochaine, la Descente de la Seine le 21 juin.

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