Compte rendu régate – Régate d’Automne – 10 octobre 2026

Au terme d’un été caniculaire, le YCP a tourné la page en courant ce samedi la fameuse Régate d’Automne, où la température ambiante a docilement rejoint les normales saisonnières. C’est la flamme de la passion, celle des anciens, celle des nouveaux, celle du barbecue, qui a brûlé au YCP pour l’occasion.

Un vent d’ouest nous était promis avec 9 nœuds et même des pointes à 19. L’ouest est un vent qui, au Pecq, est considéré comme plus imprévisible que le président américain. Nous allons voir ça.

Une très forte affluence régnait sur le quai samedi matin. Ce sont 9 dériveurs et 11 habitables qui s’étaient inscrits, sans compter l’école de voile dont l’activité du samedi battait son plein.

Roland nous faisant le plaisir d’orchestrer et arbitrer cette régate, le poste de commandement avait été descendu d’un cran par les soins de Christophe afin de pouvoir lancer les pavillons à partir du quai. Dispositif ingénieux dont il est l’orfèvre. Pour les avertissements, sifflet ? Trompette de carnaval ? Corne de brume ? Tous les instruments ont été essayés. C’est la trompe prêtée par Éric qui a remporté la préférence sans besoin de recourir au décibelmètre pour choisir.

La ponctualité est une affaire très connue au YCP. On peut dire qu’en l’occurrence, nous avons pris un peu d’avance…

sur l’horaire d’hiver qui va bientôt entrer en vigueur. C’est donc avec un certain décalage que les opérations sont lancées. Jérôme explique, Roland complète et précise. Tout le monde prend des notes comme on le voit très bien sur la photo.

Avec une telle affluence, le quai du YCP ressemble au pont du porte-avions Charles de Gaulle. La grue monte et descend les habitables à s’en faire péter les sangles, et la cale centrale (quel dommage que l’autre soit si encombrée de voitures) vit au rythme des catapultages de tous les dériveurs qui sont nos Rafales locaux.

Tout le monde étant sur l’eau, la première course est lancée.

Ty-Champ donne rapidement la cadence, suivi de près par Filoven.

Chez les dériveurs, notre invité, Gilles Gluck, a pris un départ moyen mais va très vite nous rattraper en imposant une rigueur exemplaire dans la gestion de ce vent capricieux.

Cependant, Nicolas s’impose dans cette première course, sans pirouette ni trompette.

À la 2ème course, Thèse montre de quoi il est capable, devant Filoven.

Du coté des dériveurs, c’est votre serviteur qui s’impose au pris d’acrobaties infernales pour profiter des moindres changements de direction du vent, obligeant à des virements de bord incessants en ligne droite.

Delphine et Cerise ont le sourire, arrivant juste derrière le trio des solitaires invétérés.

Christian, l’équipier tacticien d’Olivier sur Filoven est ici en train de se livrer à des exercices de trigonométrie pour calculer la meilleure route pour éviter le Pot-au-Noir qui s’est déplacé au Pecq ce matin dans la zone qu’une certaine Elena, hélas absente ce matin, appelle « le triangle des Bermudes ».

Gilles fait le point à l’estime pour mesurer l’efficacité de sa remontada.

Le classement pas terrible de Charivari, aux mains du seul Felix ce matin, nous permet de comprendre que sans Emma ou Clara, le pauvre Felix fait ce qu’il peut mais que ce sont ses équipières habituelles qui font tout le travail en temps normal. Ici, il gîte terriblement, forcément en manque d’une équipière au trapèze.

Matthieu regarde Felix avec consternation. La compétition entre le Jet Gabrielle, barré par Adrien, et le Charivari de Felix, bat ici son plein.

Felix observe la stratégie de Matthieu et Adrien. Il va sans doute s’en inspirer mais cela va être difficile pour lui de se positionner simultanément à la gîte et la contre-gîte. Il faudra qu’il attende l’après-midi pour trouver avec Hervé un contrepoids déguisé en équipier compétent.

Pendant que les concurrents rivalisent de stratégie, la comptabilité impitoyable du temps est tenue par Capucine, fille de Nicolas, qui note les passages de la ligne d’arrivée sous les indications de Roland.

Pour freiner le bolide Thèse avant d’accoster, suffit-il de tirer sur ce bout ? Commande-t-il les aérofreins ou les aquafreins ? Pas sûr.

Il est temps de terminer les courses du matin… vers 13h30.

Matthieu, l’autre, avait prévenu qu’il ne pourrait pas prendre le départ comme les autres car il recevait ce samedi des camions entiers de son emménagement sous nos latitudes. Mais il a planté sa famille au milieu des cartons pour venir quand-même et il a même pris le départ de la première course sans retard. Le voici en bonne compagnie sur la ligne d’arrivée.

Une pause déjeuner permet aux concurrents et à leurs équipes à terre de faire le point sur leur stratégie et le routage des futures étapes. Le barbecue du club fonctionne à merveille pour maintenir le moral des troupes au beau fixe. Les yeux injectés de barbaque et le ventre plein d’espoir, nous reprenons le large vers 15h.

Le vent est monté. Il reste très instable en direction, comme la tradition du vent d’ouest l’exige.

Il ne faut pas se laisser surprendre et il vaut mieux garder la tête rentrée dans les épaules. Nos jeunes amis Marine et Théodore, que nous sommes ravis d’accueillir pour leur première régate au YCP, font face avec détermination.

Certains expérimentés prennent ces caprices du vent avec le sourire, voire même avec la désinvolture stoïque de ceux que l’on ne doit pas déranger au moment de la sieste.

À l’occasion d’un croisement, une partie de bridge semble même être envisagée sur table en bois. On voit celui qui va faire le mort qui tourne déjà le dos.

Les compétiteurs les plus attentifs seront récompensés ; c’est la loi qui règne sur l’eau.

Matthieu avait demandé la veille quels étaient les conseils de tenue pour la mi-saison. Philippe lui avait répondu : « Tenue de plongée et palmes ». Nicolas avait voulu mettre toutes les chances de son côté en ajoutant « Une ceinture de plomb également… ». Sur cette photo, tout va bien. Matthieu arbore une élégante petite combi d’été et un gilet ton sur ton avec le pont et le plat-bord de son Breizh’L.

La situation commence à devenir sportive. L’intérêt de la tenue de plongée n’est pas encore évident.

Le conseil de Philippe prend maintenant tout son sens. Matthieu veut faire croire à une manœuvre volontaire. Il tient à la main un tube à essai rempli d’un prélèvement d’eau de La Seine qu’il tente de préserver pour le rapporter à son laboratoire. Mais personne n’est dupe. Le pauvre, en petite combi d’été va patouiller de longues minutes pour redresser la situation, son bateau et ses chances de victoires.

Pour la suite de cette course, et nous avons la décence de n’en pas montrer de photo, principalement car nous n’en avons pas, Matthieu a poursuivi les expériences en voulant mettre au point son siège éjectable. Celui-ci fonctionne parfaitement, avec projection vigoureuse du barreur hors de son esquif. Cela lui a valu un second rinçage, le secret d’une bonne lessive de moral efficace. Matthieu a déclaré plus tard qu’il était rentré chez lui pour prendre une bonne douche. Comme quoi, il en redemandait. Gageons qu’il sera très bien équipé la prochaine fois, peut-être même avec un tuba.

Les péniches qui sont assez baladeuses aujourd’hui ont visiblement décidé de faire leur propre régate. L’une au près, l’autre au vent arrière se croisent sur la ligne d’arrivée. L’instant précis étant photographié par Sandrine. Ce croisement à hauteur du club en présence des régatiers et de l’école de voile ne laisse pas les membres du club indifférents. Grincements de dents, bômes baladeuses, échouages intempestifs, cependant que Roland lance le pavillon d’aperçu pour retarder le départ de la manche suivante. Au passage, les aiguillots de safran de Poussah en profitent pour mettre fin à leurs jours, obligeant l’équipage secrétaro-présidentiel à jeter l’haussière et l’éponge.

Dans un vent tombant, la dernière course est lancée. Tout redevient calme.

Les visages sont plus détendus au fur et à mesure que les lumières du port apparaissent, et parmi elles celle du local du club qui regorge de bières et de douceurs. Il est temps de mettre fin à ces courses épuisantes pour les nerfs, et de dire au vent d’Ouest qu’il peut aller se coucher.

La dernière course est terminée. Le retour au quai est difficile en raison des fameux embouteillages de l’Île de France. La patience de Laureline et Adelaïde se traduit en sourires, tandis que Tristan, à la vigie, tâche de trouver une place pour atterrir.

Réconfort, Résultats, Récompenses

Pendant que le président du club Jérôme et le président du comité de course Roland saisissent les temps dans le cybercalculateur de la FFV, des mannequins virevoltants montrent la nouvelle collection des polos du YCP en cours de confection dans nos ateliers. Ils le font en présence de Marine qui est non seulement une régatière de cette journée, mais surtout la créatrice de notre logo. Bravo Marine, quel succès ! Pour ceux qui auraient lu jusque-là et qui souhaiteraient retenir quelque chose d’intéressant de ce compte rendu, précisons qu’un 2ème fournisseur de polos va être testé et qu’à l’issue de la comparaison, il vous sera proposé d’acquérir des polos du club. La suite de cette collection d’automne prochainement.

Catégorie Dériveurs

La lutte a été acharnée, tant à l’arrière qu’au-devant des courses. Les 3 premiers se départageant in extremis grâce au système admirablement agencé des règles de course de notre fédération qui prévoit tout. C’est une splendide victoire qui revient à Nicolas. Bravo à lui !

Catégorie Habitables

Ty-Champ, avec Éric et Susan, remporte une victoire nette et amplement méritée devant Thèse, Filoven, et tous les autres qui n’ont pas démérité.

Bravo !

à tous les participants, même ceux qui ne sont pas encore très souvent sur le podium. C’est vous qui faites vivre le club et participez grandement à la bonne ambiance. Merci à Sylvie, bravo à Michel dont nous apprécions le retour en régate, bravo aux jeunes Delphine, Cerise, Marine et Théodore dont c’était la première régate au YCP et, nous l’espérons, le début de grandes participations en dériveurs, bravo aux Matthieux, l’un sec, l’autre mouillé, à Adrien, et à nos jeunes attitrés dont nous apprécions toujours avec grand plaisir la participation animée : Laureline, Adelaïde, Tristan sur Ptit Loup, Arthur et Augustin sur Katilou. Et saluons aussi les participants aux nouveaux postes d’équipiers : notre ami Christian, Pierre, Thierry qui prendra peut-être son propre bateau un de ces quatre. Merci à Gilles Gluck de nous avoir forcé à nous dépasser pour arriver difficilement à le dépasser. Ce n’était pas du gâteau. Merci évidemment aux autres compères du club, habitués de toutes nos aventures, que je ne cite pas mais qui se reconnaissent ! Merci à Pénélope d’avoir été le 3ème mannequin de notre défilé.

Remerciements

Grands remerciements au comité de course dirigé avec précision et compétence par Roland Galliot, secondé à la pavillonnerie et aux relevés de temps par Capucine, et la sécurité sur l’eau avec Paul Nicolas dont le zèle admirable a sauvé des vies. Implication exemplaire du président Jérôme pour la gestion de SCORE, aux côtés d’Emmanuelle, notre responsable régates.

Nombreuses et belles photos par Sandrine Thibierge et Bruno Sanchez, et quelques-unes sur l’eau par votre humble serviteur.

Rendez-vous en novembre pour deux régates qui seront les dernières du YCP pour 2026.

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