Interligue Europe à La Flèche – 28 et 29 mars 2026

Toute la flotte des Europe du YCP était en régate en ce week-end de fin mars au CVF de la Flèche sur le Lac de la Monnerie pour une interligue de la série.

C’était la 2ème année pour Emmanuelle et mézigue, et une habitude plus ancienne pour Alice. Le temps annoncé était inquiétant : le petit retour de l’hiver de ces jours-ci mais surtout une prévision de 15 nœuds samedi avec des pointes à 30 nœuds !

Emmanuelle et votre serviteur arrivent le samedi à 11h au CV Fléchois, dans une ambiance chaleureuse de camaraderie de la série, l’instigateur local Fabrice étant europiste ainsi que son fils Titouan, mais aussi en compagnie des régatiers de l’intersérie double. Il y a en effet une régate interligue d’Europe et une régate intersérie de Fireball, 470, Jet et Ponant. Alice, notre capitaine de flotte des Europe du YCP, nous prévient qu’elle ne pourra finalement nous rejoindre que dimanche.

Un petit vent léger, un soleil rarement voilé. Tout ceci cache la vraie nature du samedi promis.

Nous déremorquons-mâtons-gréons en moins de 2 heures et sommes prêts à nous mettre à l’eau. Le vent est monté, des nuages passent souvent et donnent de bonnes rafales.

Nous sommes 22 Europe inscrits, mais une partie décide prudemment de ne pas se lancer. Selon les règles habituelles, chacun décide selon son propre jugement s’il prend la mer. 

Le parcours est un peu compliqué, et l’on en verra les incidences.

Le premier départ est pour les Europe, ce que votre serviteur n’avait pas tout à fait saisi dans la pavillonnerie ! Les habitués du peloton de tête sont fidèles à leur avant-poste. Du côté des arrières, on connaît aussi ses concurrents attitrés et chacun marque ses adversaires minutieusement. Mais enfin, pour les moins aguerris, c’est un peu la lutte à la survie dans les rafales. Votre serviteur étrenne pour la première fois en régate sa poulie tourelle ; à la faveur d’un virement après la 3ème bouée, j’ai l’honneur d’être l’un des premiers à dessaler.

Par un mauvais mouvement dans le virement, j’ai dû remettre l’écoute dans le taquet coinceur, et ça ne pardonne pas. Petite baignade de printemps à l’ombre des nuages. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le bateau redressé avec peine dessale à contre avant que je ne comprenne que l’écoute est coincée bordée au taquet. Je redresse et remonte avec la grâce d’un jeune baleineau. Ma girouette de tête de mât est tordue à l’horizontale. Pas grave car je n’en aurai absolument pas besoin ce samedi pour savoir d’où vient le vent. Cette première course se termine avec déjà quelques dessalages parmi les concurrents. La 2ème course se déroule sous quelques éclaircies mais toujours avec un bon vent. Les étourdis en tête de course ont oublié les subtilités du parcours et négligent de faire une épingle ; celle-ci sera piquante pour eux. L’équipe des suiveurs est plus attentive et fait le bon parcours. La 3ème course est un peu l’apothéose de cette journée. Un beau paquet de sombres nuages était déjà à l’approche et tout le monde l’avait bien vu. Un joli petit grain, avec probablement des rafales à 30 nœuds, s’abat sur la flotte.

Et là, il faut le dire, les spectateurs restés sur le bord ont vu de nombreux bateaux qui évoluaient avec le mât à la verticale, mais pointant au nadir plutôt qu’au zénith (cherchez dans le dictionnaire, ceux qui n’ont pas compris). Dessaler en Europe, c’est un petit drame en principe vite réglé, mais c’est une tout autre affaire pour un Fireball, un 470 ou un Ponant. Nous avons vu des Fireball restés de très longues minutes les pattes en l’air. Il y a sans doute plus d’un tiers de la flotte qui a dessalé. Témoignage personnel de cette après-midi : j’étais inquiet de la suite lors de mon dessalage à la première course. Cela m’a servi de leçon et j’ai été assez attentif pour la suite (le hale-bas complètement relâché !). Je m’en suis bien tiré avec un seul dessalage.

Après le retour et le bouchonnage des bateaux, l’apéro, toujours très chaleureux au CVF, était bienvenu. Belle ambiance. Le dîner était ensuite une réussite avec un très bon menu et des conversations amicales où les éprouvés de l’après-midi étaient encouragés par les habitués qui en ont vu d’autres. Conseils, échanges d’expériences, rigolades, détente. Et cap sur un repos bien mérité pour une nuit écourtée puisque c’est le changement d’heure, dans le sens maudit.

Le dimanche, la première course est à partir de 10h. Il fait assez frais. Heureusement un beau soleil est dominant.

Emmanuelle est sur l’eau. Son « Rolland » est bien entouré d’autres splendeurs de la marquèterie que sont les « Rolland » et les « Cristalli ». Christian Hervet est présent avec son « Cristalli ». Il est ancien champion du monde, et n’a pas remis les pieds sous les sangles depuis 2006, mais… il se défend bien. Alice nous a rejoints, au prix d’un départ de chez elle à 5h du matin !

3 courses sont données, les accalmies succédant à quelques belles risées n’ayant rien à voir avec celles de la veille. Les concurrents se retrouvent, chacun avec ses adversaires habituels. Lors de la 2ème course, un paquet d’Europe se retrouve à la bouée qui s’avérera la dernière d’un parcours raccourci ; certains habitants dans une périmètre raisonnable ont dû entendre ce qu’il s’est dit autour de cette bouée, que nous ne répéterons pas. Le comité a bien du mal à pointer les arrivées de cette floppée d’énervés entremêlés. Il faudra même interroger tout le monde ensuite pour bien vérifier l’ordre. Votre serviteur a été fair-play et courtois aux abords de cette bouée, ignorant que l’arrivée se jouait quelques mètres plus loin. Sinon il aurait peut-être ; quoique.

Vers 13h30, le vent a tourné. Des changements de parcours sont tentés par un comité toujours attentif, et puis vers 14h30, la fin des courses est décidée.

Certains s’attardent un peu sur le plan d’eau pour en profiter encore un peu.

La ruche bourdonne sur le parking et dans l’enceinte du club. Certains partent tôt, d’autres restent et remballent tranquillement leur marchandise.

La proclamation des résultats est un bon moment convivial. Hommage bien amical à Philippe, dont c’était la dernière régate en tant que président du comité, et remise des résultats. Chacun reçoit un petit pot de rillettes ; à mettre dans une trappe de l’Europe pour le casse-croûte lors de la prochaine régate. Les champions sont acclamés, les autres aussi d’ailleurs.

Emmanuelle n’a pas réussi à rattraper son absence aux courses du samedi. Alice a mis son grand talent en marche ce dimanche et arrive à être assez bien classée pour une absente du samedi. Votre serviteur s’en tire assez bien cette fois-ci.

Merci à l’équipe de La Flèche qui organise chaque année cette belle régate avec dévouement et compétence. Rendez-vous sans faute l’année prochaine.

Bilan chiffré par le navigateur à sa table à cartes : 12 milles parcourus le samedi à 3 nœuds de moyenne, avec une vitesse max de 9,7 nœuds. Et 13 milles parcourus dimanche à 2 nœuds de moyenne, avec une vitesse max de 8 nœuds. Et si j’en crois la tête de ma girouette, la profondeur du lac est de l’ordre de 5m au milieu.

Coupe IdF à la mer à Deauville – 19 au 22 mars 2026

De notre envoyé spécial Éric, en léger différé de Deauville, où se courait la Coupe de l’Île de France à la mer, du 19 au 22 mars.

Réveil aux aurores — oui, même le soleil nous a regardés en mode “vous êtes sûrs ?” — direction Deauville où nous attend notre fier destrier :  un J80, petit bateau, gros ego.
 
On peaufine les préparatifs pendant que notre président part au briefing, probablement pour apprendre des mots compliqués qu’on n’utilisera jamais. Départ vers 9h. Petit détail sympa : les bateaux n’ont pas de moteur. Du coup, on se fait remorquer comme des VIP… ou des colis fragiles, selon le point de vue. Temps magnifique, vent quasi inexistant — parfait pour découvrir le bateau.


Première manche : surmotivés, survoltés, sur… en avance. Résultat : départ un peu trop anticipé → disqualification. Oui, on a gagné… le prix de la précipitation. MAIS (oui, on s’accroche), départ jugé “plutôt bon” — tellement bon qu’on arrive 4-ème à la première marque. Là, on sort le spi asymétrique… enfin, on essaie. Disons que le spi, lui, n’était pas au courant du plan. Résultat : toute la flotte nous double avec élégance pendant qu’on invente une nouvelle discipline : la voile contemporaine improvisée.
 


Deuxième manche : mêmes conditions, mais cette fois on change de barreur — parce que pourquoi pas redistribuer les responsabilités. Bon départ, manœuvres beaucoup plus propres (le spi commence à coopérer, miracle), et résultat : 12-ème. Oui, on remonte ! Lentement, mais sûrement… enfin surtout lentement.
 
Au final, une super ambiance, beaucoup de rires, quelques leçons… et un spi qu’on surveillera de près la prochaine fois.


 
2-ème jour
 
Le soleil est toujours de la partie, la brise fait la grâce matinée.
Trois manches disputées.


 
3-ème manche
Bon départ, bon choix pour le bord de près.
Moins bon choix pour le bord de spi, mais ça commence à rentrer. Classement : 15-ème.

4-ème manche 
Bon départ, choix discutable du bord de près à suivre, manœuvres du spi correctes pour finir 10ème.
 


5-ème manche
Départ moyen et sans vitesse, bonne gestion du spi, sauf l’affalage qui nous fait perdre 1 place. Classement : 15ème.
 
Encore une très belle journée 
 
3-ème et malheureusement dernière journée 
 
Du brouillard pour arriver sur Deauville, mais finalement le soleil nous attend au port.
On peaufine encore les réglages et départ en file indienne pour sortir du port.
On part pour trois manches.
 
Pour rejoindre la zone de course on en profite pour vérifier que notre spi est bien gréé, ça s’annonce bien et subitement le point de drisse lâche et spi à l’eau (remonté à bord vite fait par l’équipage). Constat : la drisse est dans le mât, donc trois manches sans spi.
Niveau difficulté : « hard mode » activé.


6-ème manche
Bon départ, bon bord de près, 4 rappels individuels annoncés pas assez tardivement à notre goût. On aborde la descente sous spi sans spi, mais finalement on trace une bonne route en maintenant notre position.
Toujours une bonne remontée au près sur le second tour, descente sans spi bien maîtrisée. Classement : 10ème. 
 


7-ème manche
Procédure de départ sous pavillon U (si au-dessus de la ligne, disqualifié).
On change de barreur, bon départ bon bord de près, sous spi, avec notre handicap, on voit les bateaux s’éloigner doucement mais sûrement. 
Arrivé à la porte sous le vent, une discussion tactique s’engage et on décide de prendre la bouée tribord, bonne décision, on revient pleine balle sur la ligne d’arrivée, malgré des intimidations de « tribord » on passe proprement la ligne (commentaire du jury, on est vraiment passé près du bateau jury) et cette manœuvre inspirée nous fait gagner 6 places.


Là, c’est clairement du génie. Ou du hasard bien exécuté. Classement : 10-ème.
 
8-ème et dernière manche

 
Le vent monte, il va y avoir du sport pour ceux qui ont le spi.

Mauvais départ, on se dégage et on fait marcher le bateau, on fait notre chemin dans le « dog leg » et on aborde le bord de spi, on est spectateur de belles accélérations et sur le dernier bord on manœuvre moyennement, mais on arrive à garder un bateau derrière nous.
Finalement avec les disqualifications on termine 11-ème.
 
Finalement sans spi cela a été notre plus belle journée, qu’aurait-elle été avec le spi, on ne le saura jamais………


 
Comme quoi, moins on a de matériel, mieux on s’en sort.
Prochaine régate : on enlève la grand-voile ?
 
Au final malgré cette très belle journée on termine 16-ème, mais quelle belle découverte du J80 et très belle régate, bien organisée et jury très compétent.
 
Et un spi qui, lui, a clairement passé un meilleur week-end que nous.
 
Éric Joye
Représentant l’équipage composé aussi de Susan, Jérôme, Philippe et Gwénolé.

compte rendu régate Classique Alpicoise – 15 novembre 2025

C’est le petit qui est arrivé en dernier à chaque course dans la classe dériveurs qui va vous relater cette sombre journée humide qui restera inoubliable.

La météo nous avait promis une température clémente, pas de vent et de la pluie. Pour une fois, elle avait raison. Il est possible que ces prévisions aient fait fuir les hordes de concurrents. Ceux qui restaient eurent le plaisir, d’une part de contribuer au TELETHON comme prévu, et d’autre part de vivre une journée alpicoise plus spéciale que classique. Rappel pour ceux qui ne le sauraient pas, même s’ils l’ignorent, Alpicois = habitant du Pecq.

Que les préparatifs hâtifs de l’école de voile ne fassent pas illusion : il y a eu moins que peu de de dériveurs régatiers. Emmanuelle était claudiquante et Antoine sans doute retenu à la sortie d’une écluse. Noureddine, notre éminent chef du comité de course, le micro à la main, s’apprête non pas à chanter du Franck Sinatra, mais à canaliser (canal 72) l’ardeur des 5 équipages engagés. Photo prise par sa fille Meryam, qui était ce matin notre kinésithérapeute exclusive.

Sur chaque habitable, les 2 équipiers sont fin prêts et ne se regardent pas en chiens de faïence. Il va falloir rester stoïques dans le pot-au-noir. Certains ont à bord des sonars, des détecteurs de risées, des attrape-carpes, des compte-à-rebours et des lochs fonctionnant en marche arrière. Sera-ce utile ?

Le départ est donné. Le couple présidentiel étant resté amarré au quai le plus tard possible, il n’a pas reculé comme les autres concurrents. Une fois de plus c’est Carosse qui va le plus vite, mais en marche arrière pour l’occasion. Nous sommes tous bord à bord, les voiles légèrement gonflées, le moral de plus en plus dégonflé. Nous voyons au loin devant Poussah qui semble avoir franchi la ligne de départ, mais ce n’est qu’un mirage ondoyant dans les brumes de novembre. Lorsque l’un de nous finit par toucher la marque de parcours du « thermomètre » (pylône gradué qui bouge rarement de son emplacement) ; toucher avec son safran, il est temps d’appeler au secours pour empêcher que toute cette armada ne termine au Havre avant la nuit. Nous partîmes à reculons en bateaux à voile vers le Nord, et c’est en petit train à toute vapeur qu’à la file indienne derrière le canot’ de sécurité nous remontâmes vers le quai du club au Sud. Les contrastes consternants de la vie maritime.

La pause déjeuner a, pour une fois, été avancée, au point qu’elle a eu lieu à l’horaire annoncé au programme. Du jamais vu. C’était dans l’espoir qu’Éole se réveillerait de sa grasse matinée et nous réserverait de bonnes surprises après le café. En début d’après-midi, certains avaient déjà dégréé, votre narrateur en faisait partie, car il était manifeste que le vent soufflait certainement aux antipodes du Pecq mais n’avait rien laissé sur place. Cependant, notre trésorier plein d’espoir regagnait Ty Champ plein d’espars, et le président, avec une énergie et une détermination que certaines mauvaises langues, votre narrateur en faisant partie, attribuèrent à un supposé excès de boisson, avec la folle détermination de celui qui a vu une petite risée et prédit de fortes bourrasques à venir, regagnait son Poussah. Nous voyons supra notre comité de course Noureddine lancer le départ de 3 Cap Corse d’illuminés : Poussah (Jérôme et Iwona), Ty Champ (Éric et Gwenolé) et Solowskaia (Cédric et Marcelo). Marcelo le rouge, célèbre corsaire à la jambe de bois de la baie de Botafogo, qui reprend la navigation après une sévère blessure de combat (tout est vrai dans cette phrase à peine exagérée).

Avec une vitesse folle, les 3 Cap Corse arrivent même à franchir la ligne de départ et à progresser, en avant, faut-il le préciser, vers la bouée au vent. Votre pessimiste narrateur, observant du haut de la vigie ses copains progressant de façon inespérée, se laisse convaincre d’aller regréer son bateau et de les rejoindre. Noureddine, que l’optimisme des illuminés a conquis, pronostique même qu’ils peuvent être rattrapés par un concurrent prenant le départ un quart d’heure après eux. Christophe et Philippe n’entendent pas ce chant des sirènes et désarment soigneusement, s’en tenant imperturbablement aux faits.

La flotte de dériveur se met alors à l’eau et obéit aux prédictions de Noureddine pour arriver assez bien à rattraper les 3 Cap Corse qui peinent à atteindre cette damnée bouée au vent, terriblement mal placée. On a dit beaucoup de choses sur les courants compliqués du Cap Horn ; peut-être a-t-on un peu trop minimisé les phénomènes complexes qui ont cours dans les eaux des Pyramides de Marly, où l’on nous envoie sans précaution aucune. Ty Champ fut le grand sacrifié de cette course, dont on verra par la suite qu’elle fut déterminante. Parti comme une fusée, à 1 ou 2 nœuds en pointe, Ty Champ était le premier aux abords de la bouée, mais il a dû laisser passer les copains, ceux qu’il aurait certainement assassinés de bon cœur en cette occasion, Poussah virant le premier et envoyant même le spi, ce qui était assez gonflé ; le spi ne l’était pas. Puis Solowskaia et enfin la flotte de dériveur au complet ; flotte de dériveur qui regardait Solowskaia avec gourmandise et qu’elle dépassait ensuite au vent arrière en arborant le sourire fameux qui est l’apanage des grands psychopathes.

Tout cela était observé avec consternation par Noureddine et deux stagiaires venus en visite à la vigie. Rarement la vigie n’aura été autant fréquentée. Les deux stagiaires, bien jeunes d’esprit, arborant casquettes et vêtement bariolés, avaient antérieurement tagué la porte pour s’occuper et tâchaient de comprendre tous les dispositifs complexes que le comité de course manie avec maestria : jumelles à vision sous-marine, VHF Hi-Fi, PC renfermant les calculs XL ésotériques dont seul le président connaît les arcanes, micro pour insulter les capitaines de péniches, pavillons permettant de se faire comprendre quand on n’a rien à dire…

Croyant à l’impossible et ivres du succès de cette deuxième course de la journée, le comité et les équipages se lançaient dans une nouvelle procédure de départ. Ambiance survoltée, où Ty Champ comptait bien faire voir de quel bois classique alpicois il était fait pour prendre sa revanche. Cependant que la flotte de dériveur avait grand peine à atteindre la bouée au vent, les Cap Corse culaient inexorablement.

Au plus fort de la bataille, Les Cap Corse se retrouvaient à très peu de distance du pont. D’aucuns diront que la Terre est ronde (d’autres n’y croient plus) et qu’il est possible en allant vite au Sud de se retrouver au Nord, mais je crois que cette explication ne tient pas tellement la route pour rendre compte de ce qui s’est passé ce samedi. Les courants, le manque de vent sont des causes, hélas, plus probables.

La flotte de dériveur mettait 39 minutes à gagner la bouée au vent et à la virer, au prix de très nombreux virements réalisés dans un rayon de 10 mètres seulement de la scélérate, et mettait ensuite seulement 2 minutes, portée par le courant, pour regagner la ligne d’arrivée.

Ici, deux précisions s’imposent : d’une part le parcours avait été réduit à sa plus simple configuration ; la ligne, une bouée à virer et la ligne. Et c’était déjà beaucoup. Ensuite, certains auront remarqué l’expression « flotte de dériveur » avec une faute de grammaire ostentatoire. Le terme de flotte a surtout connu une belle acception ce jour-là, et c’est sur la tête des équipages que la flotte a été la plus présente en cette journée de météo irritante.

Braves compères qui ont enduré les intempéries pour assister les régatiers, David et Gilles avaient laissé leur bateau respectif à quai. Ils allaient et venaient, remorquant quand il le fallait, prodiguant des conseils merveilleux à la flotte de dériveur, encourageant les marins humides à garder le moral au sec. La voix de stentor de Gilles, les belles photos faites par David, tout cela a conduit à faire de ce fiasco un succès.

Merci à Noureddine et Meryam, grands responsables du comité de course, capables à 4 ou 2 mains de manier simultanément le chrono, le sifflet, les drisses à pavillons, la VHF, le cliquage sur PC, tout en regardant aux jumelles. Il faut un talent spécial.

Tandis que les gréements dégoulinants et les voiles trempées croupissaient dans leur misère, nos équipages, ou ce qu’il en restait en fin de journée se retrouvaient pour assécher un petit verre de ratafia bien mérité. Cédric, David, Gilles et mézigue sont hors du champ de cette photo.

🏆 Résultats Dériveurs

Pas de résultats officiels FFV car trop peu de concurrents, n’est-ce pas ? Le dernier du classement :

1️⃣ Guillaume Thibierge, sur Europe « Juanita Banana 5 », 1 course DNS, 2 courses terminées en tant que dernier mais aussi premier par la même occasion.

🏆 Résultats habitables

Il reste encore la Coupe de la Ligue à Créteil semaine prochaine pour les habitables, quelques semaines d’école de voile, peut-être des sorties pour dériveurs et habitables, mais cette régate était la dernière de l’année organisée par le YCP. À bientôt !

compte rendu régate Coupe Givrée – 11 novembre 2025

La Coupe Givrée, c’est le dessert que sert l’abominable homme des neiges aux abominables enfants teenage, un amour de dessert…

On vous avait promis un temps digne des soixantièmes hurlants et que s’est-il passé ?

Comme on pouvait s’en douter, un temps radieux  et un soleil de marbre ont fait fondre un givre qui était de toute façon resté prudemment dans sa coquille.

Sous une petite bruine discrète, la matinée a commencé par un refus d’obtempérer de notre grue. Sous prétexte d’embrouillaminis de son fil d’alimentation, elle a boudé. Il a fallu que les capitaines d’habitables fassent les gros yeux, que le gabier président Jérôme monte dans la mature de l’échafaudage du club, qu’il tripatouille comme-ci et raboutaille comme ça, pour qu’enfin l’ouvrage d’art daigne entendre raison.

Pendant ce temps, David étudiait la carte des alizées et prévoyait son routage au milieu des icebergs absents.

David qui justement avait mis du baume au cœur d’Adrien en lui prêtant de nouveau sa bôme de Foehn qui fuit.

Avec un retard habituel d’une durée pour une fois inhabituelle, la réunion des élites avait lieu sur le quai sous la gouverne du gabier Jérôme et du grand chef du comité Noureddine. Samia étant là pour faire les photos du haut du pigeonnier.

Afin d’éviter les coups de bôme sournois au passage de cette satanée bouée au vent, le parcours banane avait été soigneusement découpé en deux, banana split, à l’initiative intelligente de Nicolas. Une bouée blanche vanille pour les habitables, et plus loin dans les latitudes Sud une bouée jaune citron pour les dériveurs.

Une première course avec un vent qui a décidé de faire la grasse matinée, au mépris d’une météo qui avait annoncé 9 nds avec des pointes à 15 nds. Mensonges intemporels de prévision du temps que nous ne relevons quasiment plus. La situation est connue quand on navigue vers le Sud : on passe glorieusement la ligne de départ, à la faveur d’une risée exceptionnelle, puis on cule d’une encablure, avant de repasser la ligne un bon quart d’heure après. Certains Corsaires ont vécu cette expérience à fond, sans se départir de la bonne humeur légendaire de leurs équipages.

Pierre, Frédérique et leur famille ont fait une visite d’inspection à l’heure du déjeuner. Déjeuner englouti rapidement car Noureddine est intraitable sur le compte à rebours des courses de l’après-midi. Ce qui était une bonne initiative de sa part car le vent avait décidé de pointer sa truffe timidement.

David, décidément très actif ce jour-là, a été la victime du fameux palan arrière de Laser. Cette merveille technologique, moult fois primée au panthéon de la vacherie universelle, et qui est responsable de millions de dessalages, a sévi sous une nouvelle forme : en passant au vent arrière près de la bouée vanille des habitables, le maudit palan a été faire un câlin avec la bouée. David s’est mis à tracter la bouée avec l’amarrage d’icelle, ce qui était trop présomptueux pour un Laser. David a dû bataillé pour se désenboustrailler de cette situation sans tomber à l’eau (Coupe Givrée ne voulant pas dire qu’on peut faire du patin à glace sur la surface de l’onde). Il n’existe pas de photo de cet événement que seuls les yeux des marins, humides de leurs rires de faux-frères, ont emmagasiné.

Les bouées qui attirent les bateaux, ce n’est pas une légende. J’ai moi-même entendu une petite musique qui semblait venir de cette bouée : « Ça me déplairait pas que tu m’embrasses, na na na, Mais faut saisir ta chance avant qu’elle passe, na na na, Si tu cherches un truc pour briser la glace banana juanita banana… »

Yuriy s’est fait accompagné d’une familiale section pour assurer sa mission de grand chef de la sécurité sur l’eau. La balade a visiblement été appréciée, avant un débarquement sur l’autre rive.

Pomalo et Forza sont les cerises couleur lipstick qui laissent des marques rouges sur l’antarctique et pour les faire fondre une tactique, banana banana banana… que l’on n’a pas.

Parmi les duels de la journée, signalons la lutte acharnée entre Carosse et Ty Champ, selon une habitude bien établie, et aussi un match-race entre Emmanuelle et votre serviteur, banana, na na na, banana… Il y en a eu d’autres évidemment. Il n’y a guère que Nicolas qui a joué régulièrement l’échappée solitaire loin devant la meute.

Fin de partie dans le local du club qui avait rarement connu une telle affluence en fin de régate.

Résultats dériveurs :

Bravo à Xavier et Antoine, dont c’était la première participation à nos régates. Ils ont tenu bon malgré la difficile progression contre le courant.

Résultats habitables :

Salut bien amical à Alain et Jean-Luc, que l’on n’avait pas vus sur la Seine depuis un joli bout de temps.

Bravo à Félix qui a efficacement assisté son capitaine Cédric pour monter sur le podium.

Bravo à Luc, fils et équipier de Bruno qui remporte le prix de la meilleure trogne de marin !


Bravo à tous pour votre participation nombreuse et votre bonne humeur. Remarquons à ce titre le jeune armada rassemblé autour de Sébastien et Adrien.

🥰 Yuriy, Noureddine et Samia : Merci pour avoir assuré la sécurité et le comité de course.

Noureddine, Samia, Yuriy, Iwona et Serge : merci pour les photos !

À la prochaine qui ne saurait tarder…

Compte rendu régate Coupe du Président et moules-frites 13 septembre 2025

Avec un vent de tous les bœufs, à décorner les diables, la régate de la Coupe du Président a eu lieu samedi 13 septembre au YCP. Le déjeuner de moules-frites idéalement placé en milieu de journée a été d’un grand secours.

Voici mon compte-rendu dans un premier temps. Il y aura une autre vision des choses à la fin.

Tout a commencé le matin par des préparatifs coutumiers sous un soleil chauffant de frais un paysage seinique d’été indien,

une saison qui n’existe que dans le nord ouest de notre contrée.

Elena, avec ta combi en néoprène, tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin. (aquarelle = peinture à l’eau, et ça Elena, de l’eau, tu en as eu ce matin là).

Si certains, dès à présent, ne comprennent pas certaines phrases, qu’ils soient rassurés : C’est soit qu’ils sont normaux, soit qu’ils sont trop jeunes pour connaître le tube de l’été 1975.

De nouveaux régatiers très souriants qui ont raison de faire le V de la victoire, des quinquas qui transmettent leur savoir. Une ancienne régatière qui prend une place à bord du Car(r)osse de Christophe, et une joyeuse bande de jeunes corsaires dont la bonne humeur semble inaltérable.

Les Europes, pressés d’en découdre des ralingues, sont les premiers sur l’eau, cependant que le président s’occupe inlassablement de tous les préparatifs. Ici, inspection en règle de la vigie, sorte de chambre de bonne volonté suspendue entre terre et ciel. Il regarde au loin cette vague qui n’atteindra jamais la dune.

Sous la direction de Delphine, personnage central, aussi à l’aise à la corne de brume qu’à la friteuse, les hostilités prévues à 10h30 sont lancées avec une belle avance vers 11h, ce qui est étonnamment habituel. Les as du départ optimal sont à la manœuvre et font régner la terreur le long de la ligne.

Dès les premiers bords vers le Sud, les vigoureuses risées du matin nous imposent de ne pas pouvoir aller où tu voudras, quand tu voudras, et on louvoiera encore, même quand l’été sera mort.

Les premières victimes dessalent et restent bien longtemps à patauger, certains égarés ne comprennent que tardivement qu’il y avait une bouée à virer dans le grand Sud. Les Cap Corse déboulent au vent arrière. Pas un temps à sortir les spis.

La caravelle d’Hubert, avec ses belles voiles bien repassées, et sous la gouverne assurée de Serge arrive première des dériveurs en temps réel. Le temps compensé, ce traitre des horloges, viendra mettre la zizanie dans les pronostics. C’est un plaisir de voir cette honorable vieille dame du club reprendre du service pour de nouvelles et prometteuses aventures.

Les courses s’enchaînent et laissent plusieurs compétiteurs à quai qui finissent par se lasser de ces bourrasques décoiffantes.

Nos barquettes amarrées à quai sont délaissées le temps d’un déjeuner bien mérité où nous nous attaquons à d’autres barquettes savoureusement remplies.

L’un, fidèle à son Coca, l’autre à son cidre, d’autres au kir ou à l’eau, tous en tout cas dévorent les moules et frites que Delphine et Luc préparent à tour de bras.

Une joyeuse tablée accueille tous les amis, régatiers, familles qui sont heureux de se retrouver pour cette rentrée qui est aussi le premier jour pour les nouveaux membres de l’école de voile. C’est ainsi que Guillaume et Sandrine font connaissance avec Guillaume et Sandrine.

Mais les meilleures faims ont une chose

à poursuivre et il faut songer de nouveau à gagner la coupe du président qui ne sera décernée qu’au terme de 3 nouvelles courses à disputer.

Les conditions restent musclées, les concurrents au ventre désormais bombé doivent faire le dos rond.

Les rafales à plus de 20 nœuds sont encaissées avec plus ou moins de souplesse.

Ça bataille dur entre Ty Champ, Poussah et Carosse. Christophe ne lâche rien, sécondé par Sandrine, mais les deux Cap Corse en veulent. Éric et Gwénolé sont à leur affaire. Les voiles neuves font entendre leur bruit. Jérôme et Iwona leur collent la pression. Cédric avec Cyril et la bande des jeunes Corsaires bataillent aussi un peu sous le vent.

Quant aux dériveurs survivants, la Caravelle et votre serviteur européen, ils en veulent aussi et font juste attention de ne pas se faire trancher en deux par les habitables qui foncent.

Selon l’institut des poids et mesures, l’Europe que j’ai l’honneur de…, a même battu son record de vitesse désormais à 10,86 nœuds. 14 milles parcourus. La moyenne ne veut rien dire car le bateau n’a guère avancé sur le quai pendant les moules-frites.

La pluie a eu la décence de ne sévir qu’à partir de 16h30, nous laissant presque le temps de ranger nos voiles et notre fourbi. L’école de voile a terminé après la régate, avec de nouveaux membres qui ont eu une journée particulièrement… vivifiante. Autant qu’il m’en souvienne, mon premier cours de voile avait eu lieu dans des conditions nettement plus clémentes, il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité.

Ici il faut remercier avec insistance ceux qui ont fait la réussite de cette journée : Le président, son vice-président trésorier qui ont fait les courses ; celles qui se mangent, surtout, et bien sûr celles qui se courent ; le comité de cette régate avec Delphine, Timothée, Pierre au chronomètre de compétition, Nicolas et sa voix de stentor, Emmanuelle qui a sonné de la trompe et qui organise les régates, et enfin notre joyeuse bande de nouveaux amis navigateurs sur Corsaire : Sébastien, Tristan, Arthur, Adrien (et l’un que j’omets, qu’il me pardonne) qui se sont relayés tout au long de la journée pour assurer la sécurité dans la barquette aux couleurs de l’été indien.

L’heure des comptes a finalement sonné dans le club, autour d’un petit verre, pour ceux qui avaient eu le courage de patienter. Éric, personnage clé, est au four et au moulin et notamment aux moulinettes des résultats chronométrés de la FFV.

🏅 dans la catégorie Dériveurs :

Serge, barreur de Caravelle, Guillaume et Emmanuelle, europistes

🏅 dans la catégorie Habitables :

Éric et Gwénolé, Cap Corse Ty Champ, Iwona et Jérôme, Cap Corse Poussah, et Sandrine, nouvelle adhérente équipière qui représente son capitaine Christophe, du Maraudeur Carosse

Bravo à tous les concurrents, qu’ils soient sur le podium ou pas. Il fallait avoir du cran pour courir ce samedi avec ces rafales de Sud dignes des latitudes rugissantes. Régatiers ou élèves de l’École de Voile, vous avez été braves !


Mais ce compte rendu est-il bien terminé ? Pas du tout !

Voici le compte rendu en image de notre jeune ami Marco, fils de Marcelo

Il a tout vu, il a tout noté, il a dessiné la régate. Voici donc tout résumé dans son carnet :

Rendez-vous à la prochaine régate, dans une éternité, dans un siècle, dans un an ?

Mais non dans moins d’un mois ! Pour la régate d’automne, celle de l’été indien, le vrai cette fois-ci, avec la participation de nombreux bateaux. Et pourquoi pas de tous les propriétaires et de nombreux amis de l’école de voile ?

Guillaume et Marco